L’humain peut-il être belliqueux de nature?

Françoise Enguehard, sous sa belle plume qu’on lui connaît, intitulait sa chronique du 7 juin 2019 Plus jamais ça pour marquer le 75e anniversaire du débarquement allié au nord de la France pendant la Seconde Guerre mondiale, histoire d’en découdre avec les méchants Allemands.

Oui, l’emploi du qualificatif «méchant» pour décrire le peuple allemand à l’époque était courant. Cette guerre avait mobilisé, de gré ou de force, d’autres peuples (dont ceux d’Afrique) qui, de loin ou de près, n’avaient rien à avoir avec le conflit. Cette mobilisation de la Terre entière conférait un caractère solidaire de l’humanité. C’était donc une bonne chose en soi.

Malheureusement, on a l’impression que, pour l’humain, scander des slogans constitue en soi une piste de solution pour résoudre des problèmes épineux qui laissent entrevoir son côté sombre. «Plus jamais ça» n’a pas vu le jour au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ce slogan y était scandé après la Première Guerre mondiale. Et pourtant, nous voici encore au 21e siècle, en train de le scander, parfois par les mêmes personnes qui, en coulisse, négocient des ventes d’armes avec des gens qui tiennent des propos belliqueux. Ils sont de plus en plus légion, même dans notre soi-disant Occident bien démocratique. On dirait que l’humain serait un pyromane invétéré qui s’émerveille d’avoir éteint l’incendie qu’il a lui-même provoqué.

Entretemps, continuons à scander «Plus jamais la guerre», en ayant l’espoir que personne ne se sert des armes destructrices que nous fabriquons pour alimenter délibérément une Énième Guerre mondiale.

Jean Codjo
Moncton