Réfugiés dans le monde

Ils ont été forcés de quitter leurs maisons, d’abandonner leurs biens, laissant derrière eux tout ce à quoi ils tenaient. Hommes, femmes et enfants sont partis un jour, avec le cœur serré, l’esprit abattu et la mort dans l’âme. Ils ont été contraints de se diriger en masse vers d’autres cieux. On les compte par milliers, par millions et bientôt par milliards de personnes si la donne reste inchangée. Où vont-ils? Et pour combien de temps? Reviendront-ils un jour chez eux? La vie aura-t-elle le même goût pour eux?

Une chose est sûre et certaine: leurs noms et prénoms ont changé. Désormais, on les appelle réfugiés. Pour glisser un peu sur les mots, ils squattent des logements de fortune nommés centres d’hébergement ou camps de réfugiés. À l’autre bout de la vie. Loin de chez eux et ceux qu’ils portent dans leurs cœurs.

Leur dignité a pris un coup. Parfois, le plus souvent même dira-t-on, on part tellement à la sauvette qu’on se retrouve sans famille, sans amis dans la fuite, avant de devenir un sans-abri.

La vie d’un réfugié est un calvaire émotionnel, moral, psychologique et physique. Ils ne reverront plus beaucoup de ceux qui leur donnaient le sourire et leur apportaient la joie de vivre. Certains de leurs proches sont morts, et d’autres sont portés disparus.

De toute évidence, la séparation fait mal, et être réduits à la qualité d’assistés a ruiné pour de bon la vie de plusieurs réfugiés.

Le monde est en crise. Et chaque fois que le monde sombre dans le chaos, ce sont des réfugiés en plus qu’il produit. Déjà que le traitement des cas existants par les organisations humanitaires, a du mal à porter ses fruits. La situation des réfugiés se déprécie. Les défis sont énormes et le manque de moyens pour y remédier est criant. L’espoir pour ces réfugiés partout dans le monde de regagner un jour leur patrie apparaît comme une utopie. De vains espoirs embués de déception et ensevelis par les cruautés de la vie.

Le temps s’est arrêté. Certains d’entre eux ont vu leur cœur s’arrêter pour toujours. D’autres ont regardé mourir, impuissants, leurs semblables, leurs pairs réfugiés. Loin de chez eux, avec une foi qui s’apparente à la folie au vu de leur situation et du traitement qui en est fait, ils essayent de croire dur comme fer à un retour chez eux, entourés de leurs proches, dans leur pays en paix. Loin des sentiers obscurs de la dure réalité de la misère.

Un jour ou l’autre, dans la pénombre de la nuit ou à la lisière d’un jour naissant à grandes enjambées, ils sont partis et portent dorénavant la casquette triste et cynique de réfugiés. Certains ont été mis sur l’autel de la mort par leur alter ego. D’autres sont rentrés chez eux, enfermés dans un cercueil comme recueil de leurs derniers espoirs. S’ils ont un soupçon de chance d’être portés en terre sur leurs terres natales.

’envers du décor de la vie s’est installé. Beaucoup de ces frères ont trépassé. Combien de réfugiés nourrissaient l’espoir d’être à nouveau réunis avec leurs proches et n’ont jamais vu ce vœu se réaliser?

On ne peut pas tout stopper en un coup de baguette magique. Mais on peut, tout de même, stopper l’hémorragie une fois qu’elle se déclenche. On peut même empêcher l’hémorragie, avant qu’elle ne voie le jour, si on a l’œil.

Olivier Hussein
Dieppe