Pourquoi ne pas élargir la consultation auprès de la communauté acadienne?

La thèse doctorale de Normand Martin (2015), réalisée auprès de trois communautés linguistiques minoritaires, dont l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, au Canada, révèle que la communauté francophone et acadienne du N.-B. est la plus démobilisée des trois dans la défense des enjeux linguistiques. Une des raisons évoquées pour expliquer ce résultat est la perception chez un grand nombre de gens que l’objectif ultime a été atteint avec l’enchâssement des droits linguistiques dans la Constitution canadienne donc plus besoin de faire trop d’effort.

Pourtant, la réalité montre que les lois ne sont pas toujours respectées et que l’assimilation augmente un peu plus chaque année. Comment faire pour inciter la communauté à s’engager, à se mobiliser et à assurer sa pérennité?

Lors de la dernière AGA de la SANB, une question complexe a été soumise à l’Assemblée pour discussion par des membres d’un comité qui pensent que la déportation des Acadien(ne)s est un génocide.

Suite au débat, il a été décidé qu’un Groupe Action Projet, composé de personnes choisies en fonction de leur capacité à déterminer si la SANB peut se positionner sur la question, sera mise en œuvre.

En consultant les médias sociaux, on constate une division importante auprès de ceux et celles qui s’intéressent à la question. Les uns pensent qu’il s’agit d’une question passéiste et qu’il faut concentrer les ressources à travailler sur des enjeux plus actuels tandis que d’autres croient qu’il faut régler ce problème une fois pour toutes pour, enfin, mieux se projeter dans l’avenir.

Étant donné que la question est loin de faire l’unanimité auprès d’un petit groupe, membres ou non membres de la SANB, et dans le but d’engager un plus grand nombre de personnes à la prise de décision en Acadie du Nouveau-Brunswick, pourquoi ne pas prendre cette occasion en or pour consulter sous forme genre référendaire, un plus grand nombre de personnes de la Communauté francophone et acadienne du Nouveau-Brunswick et les inviter à décider si la SANB doit investir des énergies et des ressources pour trancher la question?

Aujourd’hui, des outils technologiques sont disponibles pour faire participer un plus grand nombre de membres de la communauté alors pourquoi ne pas ouvrir les consultations aux citoyen.nes, membres ou non membres de la Communauté?

Si nous sommes plus démobilisés qu’ailleurs, pourquoi ne pas prendre des mesures pour nous mobiliser davantage. En favorisant une participation active des citoyennes et des citoyens sur ces enjeux importants, n’est-ce pas une façon pour susciter l’intérêt des gens aux questions qui les concernent?

À mon avis, nous devons tout faire pour créer un espace afin que les gens s’impliquent et rejoignent les rangs de ceux et celles qui militent pour assurer la pérennité de notre langue et culture francophone.

Je crois que la SANB a le mandat d’élargir cette consultation!

Jeanne d’Arc Gaudet
Moncton