Il est parfois nécessaire de s’interroger sur nos valeurs fondamentales

Le récent 10e anniversaire de l’adoption de la loi sur l’équité salariale au Nouveau-Brunswick a fait ressurgir à mon esprit toute l’importance de cette question parmi les dossiers féministes.

La Coalition pour l’équité salariale représente pour moi la volonté des femmes de rendre visible – et intolérable – la structure discriminatoire des tâches et des échelles salariales. Cette structure nous entoure depuis toujours et à un tel point qu’elle est invisible. Ainsi, le dossier d’équité salariale m’a toujours paru intéressant, non seulement pour le fait qu’il promet de meilleurs salaires pour nombre de travailleuses, mais aussi comme outil pédagogique – un exemple représentatif de la nature radicale des changements qu’il faut afin de créer une société où règne l’égalité entre les sexes. C’est-à-dire, il nous faut questionner nos valeurs fondamentales, rien de moins.

L’équité salariale a aussi d’attrayant le fait que la cause est bonne pour l’estime de soi des femmes. Entendre dire que ton travail est important, c’est valorisant. La dévalorisation du travail des femmes est une conséquence des préjugés à l’endroit du «féminin». Mais elle alimente aussi ces préjugés – l’iniquité salariale contribue à perpétuer ces attitudes qui sont derrière ces problèmes de violence, de sous-représentation des intérêts des femmes, du manque d’estime de soi.

Pour toutes ces raisons, la mobilisation autour de l’équité salariale et, au Nouveau-Brunswick, autour de la Coalition pour l’équité salariale, a été importante. La résistance aux changements également. Je célèbre cette mobilisation entêtée, la seule chose qui a jamais amélioré les conditions des femmes.

Rosella Melanson
Fredericton