Le cannabis comestible: danger

Parmi les 500 adolescents âgés de 14 à 18 ans pris en charge annuellement par Portage (le centre de réadaptation en toxicomanie pour les jeunes de l’Atlantique), 88% ont une dépendance au cannabis. Nous nous sentons donc interpellés par la légalisation prochaine du cannabis comestible.

Le cannabis est la drogue la plus consommée selon le sondage sur le tabac, l’alcool et les drogues de 2017 du gouvernement du Canada. De plus, des études de marché ont révélé que le Canada atlantique affichait les taux déclarés de consommation de cannabis les plus élevés au pays.

D’ici six mois, la vente et la consommation de cannabis comestible seront également autorisées. Loin de nous l’idée de rouvrir le débat, mais il nous importe d’attirer l’attention des consommateurs et du gouvernement sur certaines de nos préoccupations:

Les surdoses: les effets du cannabis se font sentir bien moins rapidement et sont plus imprévisibles lorsqu’il est ingéré plutôt qu’inhalé, ce qui peut entraîner une surconsommation. Les histoires de surdoses accidentelles qui font parfois les manchettes nous donnent un aperçu des conséquences dramatiques que peut représenter une consommation inadéquate de cannabis comestible.

La sécurité des enfants: il existe également un danger pour les enfants du fait que certaines pâtisseries et autres friandises contenant du cannabis soient attrayantes, car elles ont la même apparence que certains produits qui n’en contiennent pas.

L’étiquetage: selon une étude parue en novembre 2017 dans le Journal de l’Association médicale américaine, un tiers des produits contenant du CBD (un des composants actifs du cannabis) était mal étiqueté et indiquait de façon inexacte la teneur réelle en CBD.

Face à tous ces risques et incertitudes, il est primordial que le gouvernement fasse preuve de la plus grande prudence quant à la légalisation et le contrôle du cannabis comestible. Rappelons que le plus grand risque reste la banalisation du cannabis et de ses effets sur la vie de milliers de personnes.

La réadaptation et le traitement de la toxicomanie demeurent un secteur sous-financé. Avec la légalisation du cannabis, Portage est d’avis que le gouvernement a la responsabilité d’en faire davantage pour prévenir et traiter la dépendance.

Par le passé, nous avons proposé que la totalité des sommes perçues avec la légalisation du cannabis, incluant la TVQ, serve au développement d’une stratégie nationale de prévention et de réadaptation. Il en va de la santé et de la sécurité de tous les canadiens de l’Atlantique.

Il est important de rappeler que la légalisation ne met pas fin aux problèmes de dépendance, quel que soit le mode de consommation.

Peter A. Howlett
Président de Portage
Cassidy Lake