Pour quelques mégawatts

La venue prochaine d’un parc éolien à Anse-Bleue m’inquiète énormément.

Pourquoi détruire un si beau paysage maritime pour quelques mégawatts? Ne serait-il pas possible de localiser les cinq à 18 turbines dont il est question quelque part en forêt, loin des regards, au lieu de les planter au bord de la mer où vivent les gens?

J’habite à Caraquet et je considère mon paysage comme étant ma plus grande richesse.

Ce panorama maritime, où se profilent la presqu’île de Maisonnette et Anse-Bleue ainsi que les montagnes de la Gaspésie, est louangé pour ses merveilleux couchers de soleil. Il y a de moins en moins d’endroits sur terre où l’on peut jouir d’un paysage authentique, sans obstacle majeur altérant sa beauté.

En tant que photographe, mon paysage m’inspire tout au long des saisons. En 2015, je lui ai consacré l’exposition «De ma fenêtre» qui a été présentée un peu partout au Nouveau-Brunswick.

J’étais fière de partager la splendeur de mon coin de paradis avec les gens de Caraquet, Miramichi, Bouctouche, Moncton, Fredericton, Saint-Jean et Gaspé. Le résultat n’aurait sûrement pas été le même si les éoliennes avaient dominé mon point de vue.

Je crois fermement que la protection de notre paysage est beaucoup plus importante que les quelques mégawatts que veut produire la compagnie Naveco Power.

Rappelons-nous de la centrale nucléaire que l’on voulait construire à Anse-Bleue dans les années 1970. La population s’est mobilisée contre ce projet et il a heureusement été abandonné.

Nous avons le pouvoir de faire changer les choses. Si des éoliennes doivent s’implanter dans notre région, nous devrions nous assurer qu’elles ne détruiront pas à tout jamais la beauté qui nous entoure.

Notre patrimoine visuel est ce que nous avons de plus précieux dans la Péninsule acadienne, nous nous devons de le protéger.

Julie D’Amour-Léger
Caraquet