Une terre d’art qui dérange à Caraquet

Depuis plusieurs années, une œuvre d’art irrite certains passants qui longent le boulevard Saint-Pierre Est à Caraquet. Il ne s’agit jamais de la même œuvre, mais toujours du même site.

Ce site, une parcelle de terre horizontale de quelques mètres appartient à Denis Lanteigne, l’artiste. Ce lopin, Denis a décidé de l’utiliser comme champ d’intervention artistique plutôt que de le tondre. De plus, chaque intervention s’insère parfaitement dans une démarche actuelle que l’on qualifie de Land Art.

Celle-ci est de plus habituellement accompagnée d’un texte explicatif permettant aux personnes interpellées de comprendre le propos et l’intention de l’artiste.

Donc, non seulement l’artiste veut-il exprimer une idée, mais aussi partager avec les spectateurs ses préoccupations profondes.

Cette année, Denis Lanteigne, dans son jardin-sculpture, s’intéresse aux pixels qui, selon la définition du dictionnaire, sont des points représentant les plus petits éléments d’une teinte homogène d’une image et qui peuvent être transmis sous forme numérique. Ceux-ci sont désormais évoqués ici sur des morceaux multicolores éparpillés sur plusieurs cordes de bois parmi des touffes de plantes indigènes. Les petits morceaux de bois peint représentent des pixels qui se retrouvent sur le grand panneau multicolore situé devant, à droite du jardin éphémère.

Si cette œuvre vous agace, réjouissez-vous en pensant que les insectes peuvent au moins butiner allègrement sur une bande de terre vierge au centre-ville de Caraquet. La détruire serait certainement une atteinte à la liberté d’expression.

Même si l’on déteste les épinards, ceux-ci sont excellents pour la santé.

Léopold L. Foulem
Caraquet