Programme extra-mural: nous ne saurons jamais la vérité

Dans son dernier éditorial, François Gravel prétendait que Blain Higgs avait bien fait de continuer de demander à Medavie de gérer le Programme extra-mural, que c’était une sage décision. Cette compagnie ferait mieux son travail que les régies de la santé, dont le taux de satisfaction était de 97%? Vraiment? Sur quoi se base-t-il pour affirmer une telle fausseté? Sur la pseudo analyse du gouvernement Higgs? Ce n’est pas sérieux!

Chaque année, nous, les contribuables, payons des millions de dollars à Medavie juste pour que cette compagnie d’assurance (la Croix Bleue) gère le Programme extra-mural.

Selon la pseudo-analyse de Higgs et compagnie, depuis le transfert de l’Extra-mural à Medavie, il y a eu près de 7000 visites de moins que l’année précédente. C’est du progrès, ça? Medavie aurait-elle trouvé un moyen miraculeux de guérir les patients? Si oui, où est la pilule miracle? On en veut tous, ça presse!

Non, la vérité, c’est qu’il y a moins d’infirmières pour visiter les malades. Celles qui restent doivent donc faire plus de visites et courir d’un patient à l’autre au risque de s’épuiser, à moins que la liste des patients à traiter s’allonge ou que les hôpitaux leur réfèrent moins de patients.

Dans tous les cas, on ne peut pas appeler cela du progrès.

Le pire, c’est que nous ne saurons jamais la vérité, car Medavie, contrairement aux régies de la santé, n’a aucune obligation de nous dire ce qui se passe vraiment.

Non, il n’y a vraiment aucune raison d’approuver le transfert de l’Extra-mural à Medavie.

La gestion des services de santé est beaucoup trop importante pour être confiée à une compagnie «à but non lucratif» qui nous coûte déjà une fortune et qui peut obtenir jusqu’à 1,8 million de dollars de plus par année en prime, de nos poches, bien sûr.

La Loi canadienne sur la santé interdit la privatisation. Reste à la faire respecter!

Je crains que Higgs, comme d’habitude, n’en fasse qu’à sa tête.

Vive la démocratie.

Bernadette Landry
Dieppe