Pourquoi une infirmière voudrait-elle travailler au N.-B.?

La pénurie des infirmières au Nouveau-Brunswick est certainement attribuable à différents facteurs. Le recrutement semble de plus en plus difficile. Les jeunes sont moins enclins à se lancer dans cette profession et on peut les comprendre. Les conditions de travail ne sont pas optimales. Les salaires sont moyens et les avantages sociaux ne sont pas intéressants.

Il y a eu un recul au Nouveau-Brunswick sur la façon d’attirer des travailleurs compétents dans la fonction publique versus le secteur privé. Historiquement, on compensait les salaires moindres par des avantages sociaux alléchants. Le gouvernement conservateur de David Alward a saboté cette donne en instaurant le pire régime de retraite en Amérique du Nord.

Comment peut-on faire miroiter aux jeunes une carrière dans les soins de santé publique en leur expliquant qu’ils devront travailler plus de 40 ans avant de pouvoir bénéficier d’une retraite ou qu’à l’âge de 60 ans, ils pourront toucher seulement 75% de leur pension? Cela n’existe nulle part ailleurs en Amérique du Nord. Je souhaite bonne chance aux recruteurs. Aucune infirmière travaillant dans une autre province ne va venir ici avec pareilles conditions. Pour ceux qui vont choisir d’épouser la profession, l’option d’aller travailler ailleurs à meilleur salaire et avec un régime de pension digne de ce nom va certainement les titiller. Le gouvernement de Blain Higgs avait la chance de corriger cette iniquité et de s’assurer que les personnes compétentes songent à nouveau à embrasser une carrière dans la profession infirmière. Il a échoué et la pénurie va perdurer.

Marc Fournier
Caraquet