L’ADN de nos voisins du sud

La haine, les préjugés négatifs, le racisme, la violence seraient-ils des éléments de l’ADN américain?

En fin de semaine dernière, des actes terroristes internes se sont encore déroulés chez nos voisins du sud. Résumons un peu les faits. Au Texas, dans la ville d’El Paso, dont la population approche les 700 000 habitants et qui est reconnue depuis assez longtemps comme l’une des plus sécuritaires aux États-Unis, un jeune texan, âgé de 21 ans, dans un centre commercial, a sauvagement abattu 22 personnes innocentes en plus d’avoir infligé des blessures graves à vingt-quatre autres. Rendu public sur Internet, son manifeste haineux tente de justifier ses gestes comme étant l’expression de sa haine envers la présence croissante des Mexicains au Texas.

Qui donc aurait pu inspirer ce jeune homme? Après tout, au dire du président, les Mexicains ne sont-ils pas des violeurs et des voleurs?

Ce n’est pas tout. Dans cette même fin de semaine, dans la ville de Dayton (150 000 habitants), en Ohio, une autre fusillade de masse a causé la mort de 9 personnes et fait 16 blessés. Une 10e personne a été tuée: le tueur. Donc, en tout, une trentaine de personnes mortes et plus d’une quarantaine de blessées.

Aux États-Unis, depuis janvier 2019 et jusqu’à ce jour, on compte déjà 251 tueries de masse. Adopté en 1791, le 2e amendement de la Constitution américaine autorise tous les Américains à porter des armes à feu pour leur sécurité!

Dans ce pays, peut-on envisager l’adoption de changements législatifs majeurs en ce qui touche aux armes à feu? Pas sitôt. La toute puissante National Rifle Association contribue d’énormes sommes monétaires aux candidats lors des élections américaines. Et comme tout le monde le sait, l’argent est une très puissante arme pour les succès et surtout ceux des Républicains. D’ailleurs, en 2016, lors de la campagne, aux USA, le grand héros Donald Trump y a empoché plusieurs dizaines de millions de dollars de cette organisation à but non lucratif. Ai-je bien compris? À but non lucratif!

Lors d’un récent voyage en Louisiane, devant une riche résidence, on pouvait voir un énorme revolver suspendu à une fenêtre. En lettres bien visibles à l’œil, sous ce précieux outil, il y avait ce message rédigé en anglais: Here we don’t call 911. Évidemment, cette arme est une valeur constitutionnelle et sécuritaire, car 40 000 Américains y perdent leurs vies chaque année! Grâce à cette arme, est-il surprenant que ce pays remporte chaque année la médaille d’or pour le nombre de meurtres?

Permettez-moi encore une autre anecdote survenue en cette terre louisianaise. Dans un restaurant, non loin de cette belle résidence, à la table, j’ai vu un civil avec son revolver. Tout bonnement, je lui demande s’il est policier. Avec calme, il me répond: «Non, je ne suis pas policier. Dans notre pays, on a le droit de porter une arme et j’ai vraiment hâte de m’en servir!»

Avec un tel témoignage, j’ai comme compris que le fusil et son usage faisaient partie de l’ADN de nos voisins!

Alcide F.LeBlanc
Moncton