Croix, voiles et destin

Dimanche dernier, j’ai assisté à la messe à l’église Saint-Polycarpe de Petit-Rocher. En entrant dans l’église, j’ai été interpelé par le décor installé en prévision de la fête nationale des Acadiens. Trois longues lisières de tissu pendues à la grande croix en bois rond; la première bleue, ornée d’une étoile jaune, la seconde blanche et la troisième rouge, pour représenter notre bannière.

Il y avait aussi des cordages pendant du croisillon, laissant croire que ces bandes de tissu de couleur sont les voiles d’un navire. J’y ai tout de suite vu le destin du peuple acadien. D’abord la croix, symbolisant la souffrance de nos ancêtres, entassés comme de la marchandise pour être déportés de leur terre natale. Au pied de la croix, des agrès de pêche pour rappeler nos moyens de survie, du temps jusqu’à tout récemment.

Il semble que l’oppression vécue ait contribué à attiser la résilience, faisant en sorte que, même sans terre, l’Acadie existe toujours, 250 ans plus tard. Nous avons maintenant droit à l’existence et au développement, là où nous vivons. Pourquoi ne pas en profiter en affirmant avec fierté qui nous sommes? Et en français s’il vous plaît!

Aurèle Michaud
Beresford