Quels soins de santé?

Depuis plusieurs générations, donc depuis plusieurs gouvernements, on sabre les soins de santé. Tous nous ont assuré que ça ne changerait pas la qualité des services.

Où en sommes-nous, aujourd’hui? Soyons rassurés, des services il n’y en a plus à couper. Peu importe l’hôpital, lorsqu’on a une personne alitée, c’est la famille qui doit en prendre soin: bains, apprendre à marcher, parfois les faire manger, leur donner de l’eau, leur passer un linge humide pour les rafraîchir… Ce sont les familles qui doivent se mobiliser et être au chevet.

Que fait le personnel soignant durant ce temps? Avec toutes ces compressions, il semble être débordé. Je dis semble, parce qu’il m’est arrivé de voir les pourvoyeurs de soins assis à leur poste et parler de vacances, de golf, etc., alors que les familles soignent leurs proches.

Le gouvernement a annoncé récemment une stratégie pour le recrutement et la rétention des infirmières. Pour que les jeunes suivent cette formation, il faut que la profession soit attrayante. Je ne parle pas du salaire, mais des conditions de travail.

Il faut que la profession laisse miroiter une vie où on peut avoir nos congés sans être appelé pour faire du remplacement. Il faut des quarts de travail normaux, où l’on ne sera pas continuellement sollicité pour faire un deuxième quart. Et il faut valoriser nos travailleurs dans le système de santé. J’inclus ici tout le monde: médecins, infirmiers, concierges, employés des cuisines…

L’hôpital, qui devrait être un lieu où on prend soin de vous lorsque vous êtes malade s’est transformé en usine à charcuterie, où tu entres en vitesse et tu sors en vitesse, comme dans une usine de production qu’il faut rentabiliser.

Au niveau des soins infirmiers, les dollars investis dans les heures supplémentaires, les absences dues à l’épuisement et à la maladie sont nombreux. N’y aurait-il pas lieu de prendre ces dollars et créer des postes à temps plein et permettre à notre personnel de respirer et surtout de vivre une vie normale? Est-ce que ça rendrait la profession plus attrayante?

À l’urgence, quand vous avez des médecins assignés, n’est-il pas possible d’en avoir en attente au cas où ça déborde en raison d’imprévus, au lieu de faire attendre des gens souffrant pendant huit heures et plus.

La stratégie de régir le réseau de santé sans avoir un directeur pour chaque hôpital est-elle bonne? La gestion serait-elle plus serrée et plus efficace? Si on regarde le fonctionnement de la régie, on ne peut dire qu’elle est proactive, toujours une coche en retard dans tous les dossiers… Ça ne passerait pas le test dans certains milieux!

Il revient à nous, comme société, de réagir pour améliorer et prendre nos responsabilités de citoyens de cette belle province. En respect des gens qui oeuvrent dans le système de santé.

Réginald Boudreau
Grande-Anse