La folklorisation du français est peut-être déjà commencée… un peu!

Cap-Pelé, terre de mes ancêtres… Ces ancêtres qui ont su transmettre, de génération en génération, cette langue française que leurs descendants parlent aujourd’hui avec cet accent piquant et coloré, à la saveur très acadienne.

En cette semaine du 15 août et du Congrès mondial acadien, Cap-Pelé se fait belle: le bleu, le blanc et le rouge avec étoile jaune sont partout dans le village.

Malheureusement, ma visite a été ternie par deux aventures dans des commerces bien connus.

J’arrive au Irving et j’entre. Je dis au jeune caissier le montant que je lui dois et celui-ci me répond: «I dont understand numbers in french, sorry!»

Au moins, il était poli et il s’est excusé. Pas de problème, nous autres Acadiens sommes bilingues et très «accommodants». Je traverse ensuite le chemin en direction du Tim Hortons.

Encore là, je donne ma commande en français et la caissière me répond: «What is that?»

Après avoir répété ma commande, toujours en français, elle devient très agitée et me dit: «We dont speak french here!»

Je lui dis: «Tu ne comprends pas? Un café moyen avec une crème!»

Encore plus fort, elle me dit: «WE DONT SPEAK FRENCH HERE. THIS IS A BILINGUAL COMMUNITY WE DONT HAVE TO SPEAK FRENCH! UNDERSTAND?»

Je lui réponds: «Cap-Pelé est à plus de 90% français et ici, c’est en français!»

Visiblement, je n’étais pas le seul, cette journée-là, à lui avoir demandé d’être servi en français.

Ne voulant pas recevoir un café bouillant en pleine face, j’ai donc décidé de quitter sans pour autant entendre cette employée me traiter de tout les noms… Assez pour faire rougir Leonard Jones lui-même!

Est-ce que le maire de Cap-Pelé et les conseillers savent comment les francophones sont traités dans ce commerce?

Je peux vous le dire: «Comme des citoyens de deuxième classe!»

Imaginez des employés unilingues francophones dans un Tim Hortons d’un village anglophone crier à leurs clients: «ICI C’EST UNE COMMUNAUTÉ BILINGUE, PAS BESOIN DE PARLER ANGLAIS!»

Les réactions ne se feraient pas attendre.

Citoyens de Cap-Pelé, soyez fiers et demandez que, dans votre propre village, on vous serve dans votre langue!

La folklorisation de notre langue et de notre culture peut se faire en seulement une génération… C’est peut-être même déjà commencé… un peu!

Daniel Thériault
Bathurst