L’Acadie mérite mieux!

Quand on demande à un artiste d’interpréter une oeuvre, la règle de l’art ne permet à personne de lui indiquer la façon de faire. Mais quand on choisit un artiste pour lui commander une performance, c’est autre chose. C’est donc au niveau du choix de certains artistes du spectacle télédiffusé du 15 août dernier qui en aura choqué plusieurs.

Comme le disait un compatriote de l’île Lamèque, les contribuables acceptent de financer les artistes, parce que les artistes sont les premiers ambassadeurs de leur identité. Par conséquent, on ne choisit pas n’importe qui comme ambassadeur.

Si l’Acadie Nouvelle peut célébrer cette année son 35e anniversaire, c’est parce que l’Acadie se retrouve en elle, ce qui motive à s’y abonner.

Si Édith Butler a raison de dire que l’Acadie entre avec elle au Panthéon canadien de la musique, comme ont pu le dire Vigneault et Ferland de leur culture québécoise, c’est parce qu’elle reflète la fierté du peuple acadien que nous sommes et est, en ce sens, une de nos meilleures ambassadrices dignes de ce titre.

Si le spectacle du 15 août dernier nous était venu d’une des provinces de l’Ouest que nous n’aurions pas visitée, que dirions-nous de la langue parlée des francophones de cette région? Poser la question, c’est y répondre, n’est-ce pas?

Ne me faites pas dire que je dénigre le chiac. C’est le franglais de ce «pourtant» magnifique programme musical qui a fait honte et a profané notre identité et notre fierté acadienne.

La langue parlée dans un spectacle n’est-elle pas tout aussi importante que la musique pour projeter l’image de la communauté qui paie la note?

L’image projetée par ce spectacle du 15 août n’était certainement pas à la hauteur de l’identité acadienne. L’Acadie mérite beaucoup mieux, elle n’est pas qu’imbécillités et niaiseries.

Benoît Duguay
Moncton