Un lien entre les vaccins et les forêts

Quel lien pourrait-il y avoir entre la gestion forestière, en particulier l’utilisation d’herbicides dans le contrôle de la végétation et le débat actuel sur les vaccinations obligatoires au Nouveau-Brunswick?

Ces deux questions semblent très éloignées l’une de l’autre, mais la récente audience du comité législatif sur la vaccination obligatoire des enfants d’âge scolaire a fait la lumière sur l’application du consensus scientifique aux questions de politique. Il s’agit d’une utilisation sélective de la règle du consensus scientifique en fonction de son programme.

L’approche «je l’utiliserai quand cela me convient» a malheureusement été l’approche des groupes militants et même des partis politiques pour faire avancer leurs programmes au détriment d’une bonne politique publique.

Mettons le débat sur la vaccination et l’utilisation d’herbicides dans le contexte du changement climatique. Le Parti vert, par exemple, prétend à juste titre que le changement climatique est un problème réel et vérifiable, basé sur la prépondérance des preuves scientifiques, qui appuient que l’augmentation du CO2 atmosphérique augmente les températures.

Super, nous sommes tous sur la même longueur d’onde.

Cependant, il y a un petit groupe dans le monde scientifique qui avance le contraire et dispose de recherches convaincantes pour faire valoir leur cause. Ceci est à prévoir et est important lors de la création d’un ensemble de preuves scientifiques. Il est très rare de voir un consensus unanime en science. Ce que nous recherchons, c’est un consensus majoritaire important.

Alors, pourquoi les deux poids deux mesures de certains groupes et en particulier, des partis politiques?

Si le consensus scientifique majoritaire est accepté pour le changement climatique, pourquoi pas pour l’herbicide à base de glyphosate ou les vaccinations?

Maintenant, personne ne veut être sur l’extrémité minoritaire de ce modèle de consensus et nous avons vu toutes les actions réalisées par les groupes anti-vaccin, les groupes opposés à l’utilisation d’herbicide et les groupes soutenant le changement climatique dans le but de changer l’opinion publique, car ils reconnaissent que l’opinion publique d’aujourd’hui dictera les politiques de demain.

Le problème, c’est que l’opinion publique est parfois mal informée et influencée par de simples suggestions, opposées aux données scientifique et contraire à la majorité du monde scientifique, et celle-ci demeure convaincue malgré les preuves irréfutables. C’est là que nous nous retrouvons avec des politiques populaires.

De plus, quand cela ne fonctionne pas, il y a toujours l’évocation du «principe de précaution», toujours aussi populaire, mais toujours aussi mal interprété.

C’est la carte jouée quand on se rend compte qu’ils sont sur la fin perdante d’un argument.

Qu’arrive-t-il si les personnes qui nient les changements climatiques ont raison? Et si les groupes anti-vaccin ont raison? Est-ce que les groupes anti-herbicides ont également raison?

La majorité du monde scientifique ne pense pas.

Mike Légère
Directeur général de Forêt NB