Église Saint-Paul de Bas-Caraquet: où sont passées les cloches?

Dans ma carrière de 37 ans pour une importante entreprise de Montréal, dont le dernier tiers comme gestionnaire de projets, nous avons procédé à la construction de nombreux fours destinés à la fusion des métaux.

J’ai par conséquent eu l’occasion d’apprendre un certain nombre de choses concernant ce procédé. Entre autres, dans un four fermé et bien isolé, l’aluminium fond à une température de 670 °C, le cuivre à 1070°C et le bronze 1100°C, températures que peuvent facilement atteindre ces fours.

Par contre, un feu de bois dans un milieu ouvert plutôt que dans un milieu fermé peut rarement atteindre ces limites à moins de s’attaquer à une masse importante. Sa température varie selon la quantité de bois en cause.

Or, dans le cas de l’ancienne église de Bas-Caraquet, dans le portique d’entrée, la proportion de bois par rapport à la pierre étant relativement minime (voire négligeable) et la combustion se faisant non pas dans un four fermé mais à ciel ouvert, on peut logiquement se demander comment les cloches, ce joyau de l’édifice, ont pu succomber à la fusion. Sans compter que le clocher, qui les abritait, est tombé À CÔTÉ de l’église.

Mais fusion ou non, ces cloches si symboliques sont-elles montées au ciel? Se sont-elles volatilisées dans les cendres? Par conséquent, la question qui tue: où sont-elles passées, ces cloches qui ont si souvent par leur tintement familier appelé nos ancêtres à venir témoigner de leur foi, qui ont accompagné leurs joies et leurs misères et qui pourraient dans la nouvelle église en perpétuer le souvenir? Pourrions-nous appeler les pompiers, nos premiers et derniers observateurs, pour éteindre ce feu?

Normand Le Bouthillier
Caraquet