Respect et responsabilités, des valeurs éducatives

En 1953, dans le magnifique village de Bouctouche, avec trois autres camarades de classe, j’obtenais alors mon diplôme de la douzième année. Rappelons qu’à cette époque, l’obtention d’un tel diplôme d’études secondaires était presque considérée l’équivalent d’un baccalauréat de nos jours.

À la collation des diplômes, notre conférencier invité était M. Killeen McKee qui avait été, entre 1940 et 1952, membre de la législature provinciale. Il nous adressait la parole soit comme président ou secrétaire du conseil scolaire.

Jusqu’à ce jour, je me souviens très bien du contenu de son allocution que nos compatriotes anglophones nomment les trois R: reading, writing, arithmetics, soit lecture, écriture et calcul. Si j’étais invité un jour à prendre la parole à ce genre de cérémonie, je crois que je développerais ces mêmes valeurs tout en ajoutant deux autres r: respect et responsabilité.

Avant tout, respect est une attitude et un comportement social par lequel nous traitons chaque personne avec profonde dignité, avec équité, justice, gentillesse, peu importe l’âge, la race, la couleur de la peau, l’origine ethnique, rang ou statut social, sexe, orientation sexuelle, etc.

Le deuxième aspect serait la responsabilité personnelle et sociale. Avec une telle qualité, on accepte le blâme quand il est dû plutôt que de blâmer les autres. On respecte ses promesses et ses engagements.

Pourquoi développer ces deux valeurs? Premièrement, dans certaines de nos écoles, et sans doute ailleurs, de nombreux étudiants ainsi que des membres du personnel ne sont pas correctement respectés ni traités avec dignité. Certains sont rejetés par des intimidateurs, beaucoup sont ridiculisés pour diverses raisons, soit en raison d’handicapés mentaux ou physiques, d’autres n’ont pas d’amis et vivent dans la solitude, d’autres encore sont humiliés, victimes de racisme ou de violence.

S’il y a de nos jours autant de gens malheureux, suicidaires ou violents, et surtout chez nos voisins du sud et ailleurs dans le monde, peut-être que cette lettre peut l’expliquer.

Alcide F. LeBlanc
Moncton