Les citoyens de deuxième classe

J’apprenais récemment en lisant l’Acadie Nouvelle que la Ville de Caraquet entreprend des démarches judiciaires afin d’obtenir une ordonnance pour nettoyer une propriété inesthétique dans son centre-ville, et ce, suite à la réception de plaintes officielles de membres du public.

L’occupant de la propriété en question est le propre cousin de mon père. Je suis peiné que son parcours en soit rendu là.

Malheureusement, la vie est un combat difficile pour les incompris, marginaux et démunis de notre société. Certains luttent très fort pour lancer et relancer leur vie et en chacun d’eux se cachent fierté, dignité, amour propre, sensibilité et intelligence. Ce moule dans lequel nous devons tous entrer n’est pas fait pour tout le monde.

Je crois que le maire de Caraquet, un ami à moi que je ne manque jamais de saluer, devrait faire preuve de plus de clémence envers ce concitoyen et cette propriété délabrée, mais presque patrimoniale.

Vouloir, sensibilisation citoyenne, tolérance, entraide, concertation et créativité peuvent mener à bien de beaux projets faisant ressortir une ville du lot, par exemple un nouveau festival émergeant directement d’un enjeu social lequel a longtemps été mal compris, n’est-ce pas, M. le maire?

Avec sa gestion actuelle du dossier qu’il a monté contre cette propriété inesthétique et son occupant et/ou propriétaire, M. le maire nous démontre ses priorités ainsi que son degré d’ouverture face à la pauvreté, la maladie mentale et la capacité de Caraquet d’outiller et d’apporter son soutien à ses citoyens plus démunis et aux prises avec la maladie mentale.

Cette situation ressemble beaucoup à celle qu’a maladroitement géré le village de Saint-Isidore quelques années passées impliquant dans ce cas-ci le propre cousin de ma mère, étant lui aussi démuni et souffrant de maladie mentale. Oui, la maladie mentale frappe partout, et ce, dans toutes les familles.

Pourtant nous savons tous que les DSL du Nouveau-Brunswick comptent beaucoup de ces «propriétés inesthétiques» de même que beaucoup de gens démunis et aux prises avec la maladie mentale. Les reportages lors de la crise du verglas de 2017 a révélé au grand jour ce haut niveau de misère qui est une crise en soi.

Le message doit-il être que les Néo-Brunswickois démunis doivent aller vivre leur misère en cachette, en retrait et en territoire non municipalisé, loin des regards dédaigneux?

De grâce, n’allez pas trop loin, M. le maire Haché. Ayez la même ouverture envers vos concitoyens en difficulté que vous demandez à vos concitoyens d’avoir envers vos projets pour Caraquet. Saisissez cette opportunité de faire quelque chose de bien et de constructif.

Guy Lanteigne
Gatineau, Québec