Pourquoi investir dans l’avenir du peuple acadien?

En lisant la nouvelle du don personnel d’un million de dollars de Frank McKenna à l’Université de Moncton, don que j’applaudis de tout cœur, la question qui m’est venue est celle du pourquoi.

Lors de son discours, M. McKenna affirme que «l’Université de Moncton est plus qu’une simple université. Elle est la gardienne d’une culture et d’une langue qui ont survécu pendant des centaines d’années, malgré d’énormes obstacles».

C’est certain que le peuple acadien a toujours été généreux par rapport à la cause de sa survie et surtout de son développement. Sans minimiser cette générosité proverbiale de notre peuple, je dirais que le geste de Frank McKenna est remarquable et louable. C’est un visionnaire sans aucun doute.

Avant l’Université de Moncton, ce sont les communautés religieuses qui ont investi gros dans l’éducation du peuple acadien. Aujourd’hui c’est à notre tour de contribuer financièrement à l’avancement de l’éducation postsecondaire en Acadie.

Le peuple acadien n’est pas meilleur qu’un autre, mais il est aussi unique que les autres. Si l’on voit l’humanité comme une mosaïque de peuples différents contribuant chacun à sa façon à l’édification d’un monde meilleur, d’un monde plus juste, plus équitable, plus paisible et bien là, nous avons notre place.

Nous devons voir plus grand que l’Université de Moncton comme gardienne de notre culture et de notre langue, malgré sa contribution incommensurable. Nous devons appuyer nos organismes et institutions communautaires, culturelles et économiques. C’est ça la culture d’un peuple et c’est ça qui vaut la peine de développer et de pérenniser. Une autre définition de la culture que j’aime bien, c’est ce qui reste lorsqu’on a tout oublié.

Certains diront que c’est bien beau que les mieux nantis fassent des gros dons, mais moi je dirais plutôt qu’il n’y a rien qui les oblige et que ce n’est pas la grosseur du don qui importe. Le majestueux pin blanc n’est pas plus important que l’humble aulne dans la forêt acadienne. Sans l’aulne, il n’y aurait pas de pin blanc.

Autre qu’un don monétaire, il y a le don de soi. Je sais que le don de soi n’est probablement pas trop à la mode, mais ce n’est pas grave, car la mode change alors que les valeurs porteuses d’espoir ont fait leurs preuves et perdurent.

Euclide Chiasson
Pointe-Verte