Prédateur passif, arrogant et hypocrite

L’humain est de nature optimiste, même dans des situations où l’espoir est difficilement envisageable. Les exemples de ces moments où l’espoir côtoie le désespoir sont légion. Le temps des conflits en Europe pendant les deux guerres mondiales en est un exemple frappant. À l’époque, l’ennemi à abattre avait un visage. On pouvait clairement et nommément l’identifier. On savait donc ce qu’il fallait faire pour en découdre avec lui.

Cependant, quand il s’agit du climat et de l’environnement, l’ennemi est à la fois le bourreau et la victime. Il est aussi le premier à crier au loup, voire à se porter garant de celui qui sauvera sa victime, en l’occurrence la planète. C’est une preuve que l’humain serait probablement l’une des espèces vivantes, illogiques et capables de tout et de son contraire, alors qu’il se targue d’être le plus intelligent des espèces animales.

Le 27 septembre 2019 restera l’une de ces dates où les humains du monde entier, y compris ceux du Nouveau-Brunswick, ont jugé nécessaire de marcher pour sauver la planète qu’ils ont eux-mêmes contribué à détruire.

Reconnaître ses erreurs est un premier pas dans une bonne direction. Espérons qu’on ne se contentera pas seulement de les reconnaître, mais aussi d’éviter d’en commettre davantage, bien que la probabilité de retournement de situation soit vraiment minime, aussi longtemps qu’on reste accroché à ce modèle d’économie basé sur la surconsommation. Espérons aussi que le discours de Greta Thunberg, l’une des figures de proue de ce mouvement écolo-citoyen, ne sera pas relégué aux oubliettes comme celui prononcé par Severn Cullis Suzuki en 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio (Brésil).

Étant donné que tout changement durable passe forcément par l’éducation, il serait bon que le milieu scolaire intègre une journée pédagogique en l’honneur de l’environnement dans sa planification annuelle.

Une journée de pause pour réfléchir à l’état de la planète avec les élèves ne fera que contribuer à semer des graines d’une approche écologiquement holistique.

Jean Codjo
Moncton