En réponse à Bernard Thériault

L’affirmation gratuite de Bernard Thériault laissant entendre que notre organisme prêche pour une politique qui favorise le Centre hospitalier universitaire Dumont est tout à fait erronée et inacceptable. La politique des numéros de pratique qui fut mise en place par le ministre de la Santé et des Services communautaires Russel King sous le gouvernement McKenna en 1992 fut une tentative louable pour gérer le recrutement des médecins en région. Mais force est de constater qu’après 26 ans, cette dernière a quand même failli sous plusieurs aspects dont certains ont poussé nos jeunes médecins francophones à choisir de travailler pour la Régie de la santé Horizon, au lieu de Vitalité.

Il manquait au premier octobre 2019, selon les données que nous avons obtenues, 37 médecins de famille dans les régions rurales du nord de la province, soit 15 pour la zone d’Edmundston (Z4), 10 pour la zone de Campbellton (Z5) et 12 pour la zone de Bathurst et la Péninsule acadienne (Z6).

Pour ce qui est des médecins spécialistes, les postes non comblés étaient les suivants: 2 dans la zone 4, 6 dans la zone 5 et 12 dans la zone 6.

Selon M. Thériault, l’abolition des numéros de facturation va défavoriser les régions rurales. La question que l’on doit se poser est la suivante: la situation peut-elle être pire qu’un manque de 57 médecins dans le Nord alors qu’Égalité Santé propose des stratégies de recrutement décentralisatrices et des incitatifs au recrutement?

Depuis sa création en 2008, Égalité santé en français (Égalité Santé) a défendu notre droit comme communauté acadienne et francophone à une gouvernance de gestion capable de nous garantir des soins de santé de qualité en français sur l’ensemble du territoire du Nouveau-Brunswick.

En effet, Égalité Santé croit qu’il est important d’avoir à nouveau la pleine gouvernance et la gestion des hôpitaux ruraux et régionaux ainsi que de la régie de santé Vitalité par le biais de conseils d’administration élus au suffrage populaire et indépendants du ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick.

Rappelons aussi qu’Égalité Santé a proposé une stratégie d’offre de services de santé pour les hôpitaux ruraux qui fut présentée à la suite de la description des problématiques encourues par la politisation du système de santé. Cette situation est devenue alarmante et bientôt nos hôpitaux fermeront d’eux-mêmes ayant leurs personnels à bout de souffle et des patients de plus en plus impatients.

Égalité Santé s’est porté à la défense des patients en milieu rural qui n’ont pas à payer pour recevoir à leurs frais des soins de santé dans les hôpitaux régionaux alors qu’ils ont droit de les recevoir dans leur propre hôpital rural. Cette situation discriminatoire transgresse l’esprit de la loi fédérale qui dit que toute Canadienne, tout Canadien a accès gratuitement à des services de santé.

Nous trouvons déplorable qu’une personne habitant en région rurale et qui bénéficie d’une tribune médiatique ne puisse reconnaître le travail effectué par notre organisme. Notre organisme est doté d’un conseil d’administration dont les membres proviennent de l’ensemble des régions francophones du Nouveau-Brunswick.

Jacques Verge, pour
Égalité Santé en français