Succès chez nous: un livre vert sur l’éducation au Nouveau-Brunswick

L’éducation est la tâche la plus importante du gouvernement.

C’est bien plus qu’un ensemble de politiques, de programmes scolaires ou de conventions collectives. C’est la façon dont nous transmettons nos valeurs, notre culture et notre connaissance à la prochaine génération. Idéalement, chaque génération devrait bénéficier du meilleur de ce qui s’est fait jusqu’ici.

Plus facile à dire qu’à faire.

L’éducation figure au coeur de l’évolution de notre société. À ce titre, c’est un domaine fondamental qui est au cœur même des changements, des controverses et des crises qui façonnent chaque société contemporaine. Le défi est encore plus grand dans une démocratie, car chaque citoyen estime – avec raison – qu’il est concerné par le système d’éducation et il veut avoir son mot à dire.

Le système d’éducation évolue constamment. Les gouvernements doivent s’efforcer de déterminer la meilleure façon de s’adapter aux changements de plus en en plus rapides qui s’opèrent dans la société, l’économie, la science et les approches pédagogiques. Le système doit également affronter des difficultés, car même si un changement donne de bons résultats, il faut parfois des années pour en constater les effets positifs.

Ces difficultés et ces défis à relever sont de bonnes raisons d’aborder soigneusement le changement, mais non d’éviter les changements. Établir un système d’éducation de première qualité est l’une des priorités de notre gouvernement et nous misons sur les Plans d’éducation de 10 ans du gouvernement précédent. Parallèlement à d’autres programmes, comme les mesures visant à renforcer et professionnaliser l’éducation de la petite enfance, notre gouvernement ne voit aucun avantage à mettre fin à une initiative valable parce qu’elle a été réalisée par un autre parti politique.

La semaine dernière, le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance a rendu public un livre vert fondé sur les commentaires reçus de centaines d’enseignants, d’éducatrices de la petite enfance, d’aides‑enseignants, d’enseignants ressources, d’universitaires, de leaders de la communauté et d’autres. Je tiens à les remercier de m’avoir parlé de leurs succès, de leurs expériences quotidiennes et de leurs difficultés.

Ce que j’ai entendu de toutes parts est que si nous voulons que l’éducation soit au cœur de notre société, il faut apporter un réel soutien aux enseignantes et aux enseignants et valoriser leur contribution. Nous avons des enseignants et des éducatrices motivés et hautement qualifiés, mais ils ont besoin d’une liberté d’action pour accomplir leur travail. Le personnel enseignant doit consacrer son temps à enseigner, et non pas à s’occuper de formalités administratives.

De même, et c’est le message que je reçois des enseignants et des aides-enseignants, nous devons régler les problèmes de comportement dans les salles de classe. L’effritement, voire la dégradation, de la discipline et de la politesse qui poussent de nombreux enseignants à se prévaloir de congés pour cause de stress ou à prendre une retraite anticipée, est souvent attribué à notre système d’éducation inclusif; un système qui permet de s’assurer que chaque enfant est inclus dans la dynamique d’apprentissage de chaque salle de classe.

La composition des salles de classe constitue un problème. De nombreux élèves ont besoin de soutien et d’aide, ce qui n’était pas offert au cours des décennies passées. À vrai dire, nous faisons face à une crise sociale et non à une crise attribuable à l’inclusion. Bien que les enseignantes et les enseignants assument davantage de responsabilités, leur autorité a constamment diminuée. Leurs décisions sont remises en question et souvent changées alors qu’ils doivent affronter des gestes de violences et des menaces qui étaient inimaginables il y a 15 ans. Trop souvent, le personnel enseignant a peur de s’exprimer ouvertement, de parler. Je veux entendre ce qu’ils ont à dire.

Nous favorisons des salles de classe sans aucune violence et sans mauvais comportement. Il ne faut pas y voir d’objectifs contradictoires. Avec les politiques visant à renforcer la fréquentation scolaire et la tolérance zéro en ce qui concerne la violence, nous concentrerons nos efforts sur les élèves qui réussissent très bien tout comme nous soutenons adéquatement ceux ayant des besoins spéciaux.

Nous savons que les métiers constituent des apprentissages tout aussi importants que les cours académiques; les deux champs d’études exigeant une base solide en littératie, en numératie et en acquisition de la pensée critique. D’ici les prochaines années, il y aura plus de 9000 emplois offerts dans le secteur de la construction seulement et cette tendance devrait se poursuivre jusqu’en 2027. Nous sommes déterminés à collaborer avec l’industrie et les collèges communautaires du Nouveau-Brunswick pour établir des partenariats d’apprentissage et accroître la disponibilité des milieux d’apprentissage physiques et virtuels pour favoriser les compétences acquises par la pratique et en milieu de travail.

Lorsqu’il s’agit de formation linguistique, nous devons vaincre notre incapacité de créer une population bilingue et agir en conséquence. Il faut élaborer de nouveaux outils pour atteindre notre objectif qui est de faire en sorte que tous les gens du Nouveau-Brunswick terminent leurs études en ayant la capacité d’avoir une conversation dans les deux langues officielles.

Il y a des salles de classe au Nouveau-Brunswick qui obtiennent d’excellents résultats à ce chapitre. Je l’ai constaté. Et ce, en s’appuyant sur les programmes mis en oeuvre par l’ancien gouvernement. Les élèves profitent d’un apprentissage au sein de groupes souples fondés sur leurs intérêts et leur stade de développement, et non pas sur l’âge. En adoptant des pratiques exemplaires utilisées à l’échelle internationale, le ministère va remplacer la maternelle, les niveaux de la 1re et de la 2e années par des environnements d’apprentissages souples.

Ce système a besoin d’appui, il faut favoriser le perfectionnement professionnel, le soutien en classe et une évaluation cohérente de la part des enseignantes et des enseignants, pour faire en sorte de bien cerner les problèmes et de les résoudre rapidement. Cette façon de faire produit des améliorations immédiates du comportement et des résultats chez les meilleurs élèves ainsi que chez ceux qui éprouvent des difficultés à assimiler les matières enseignées.

La semaine prochaine, cette conversation va passer à l’étape suivante avec la tenue du Sommet sur l’éducation, à Fredericton. Le livre vert, le Sommet et les modifications législatives proposées font tous partie de la discussion entourant l’éducation. Il est maintenant temps d’élargir la discussion et les échanges sur cette importante question.

Dominic Cardy
Ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance