Mme Bombardier devrait venir pêcher le saumon de la rivière Kedgwick

Voici mon commentaire sur l’affaire Bombardier. Premièrement, qui a pris la peine d’écouter son documentaire, disponible gratuitement sur tou.tv? Qui? Personne?

Moi je l’ai écouté et le discours qu’elle véhicule est beaucoup plus nuancé que les commentaires sur les médias sociaux.

Je suis la carrière de Mme Bombardier depuis des années. Femme issue d’un milieu modeste, elle a vécu les années d’obscurantisme du Québec sous Duplessis. Elle s’est taillé une place enviable, notamment en faisant carrière en France. Elle a interviewé les grands de la politique, à ses émissions Noir sur blanc ou Raison passion, et elle les a parfois côtoyés de plus près (Lucien Bouchard entre autres, dont la lubie amoureuse était, selon elle, destructrice, mais délicieuse).

Elle a remis à sa place (peu l’ont fait) l’écrivain Matzneff, un grand écrivain pour certains Français, mais clairement un pédophile, et ce, en plein interview littéraire (j’aurais fait la même chose, espèce de vieux pervers).

Elle le sait, elle brasse la cage. Elle ne s’en cache pas. Je crois qu’elle est encore habitée par une insécurité face au milieu d’où elle vient, comme quoi elle doit toujours se montrer à «l’égal» de la France pour être une citoyenne respectée, adulée.

Pourtant, ce que je n’ai pas aimé de son documentaire, c’est qu’elle hiérarchise le français, cette langue pourtant vivante. Elle est quelques fois sympathique à notre cause (pourtant la même que la sienne, enfin elle ne le voit pas comme ça) d’autres fois très hautaine. Pourtant, le seul prix Goncourt, prix littéraire français prestigieux, a été gagné par une Acadienne, en 1979, soit par Mme Antonine Maillet. Jamais une autre personne hors de l’Europe n’a remporté cet honneur. Je crois qu’elle devrait s’en rappeler, passer plus de temps ici et s’imprégner de notre culture, vivante et vibrante. Elle se doit de devenir une alliée.

Enfin, je sais qu’elle aime la pêche, une passion qui la ramène à ses racines peut-être, qui la rend plus humaine selon moi, mais enfin, je l’invite à passer quelques semaines en Acadie, afin d’y pêcher le saumon de la rivière Kedgwick ou le bar rayé dans le Sud-Est. Elle verra, je l’espère, que nous avons vraiment autant de passion et qu’elle a gardé notre langue vivante dans cet océan anglophone qu’on nomme l’Amérique.

David Michaud
Moncton