Vous avez dit «info-com»?

Je suis toujours perplexe lorsque j’entends un étudiant dire: «Je suis en info-com.»

De quoi parle-t-on au juste?

L’information est une donnée précieuse. Détenir la bonne information est en toutes choses un avantage certain. Cela nous permet de faire, au niveau individuel ou collectif, le bon choix, celui qui nous convient le mieux et que l’on peut exercer librement. À l’âge des études, on dit souvent à juste titre à nos jeunes que l’éducation est un bien précieux pour leur épanouissement et pour leur meilleur futur. Il est bon de comprendre que ce processus se poursuit tout au long de la vie et que l’accès à la bonne information en est la continuation rendu à l’âge adulte. Une information analysée, recoupée, confrontée.

À cet égard, on doit souligner le rôle essentiel que joue dans ce domaine le journalisme, un journalisme indépendant et sérieux. Il me semble que c’est de manière bien légère que l’on a imaginé récemment que le déferlement de propos de toute sorte véhiculés notamment par les réseaux sociaux, souvent légers et inconséquents, parfois mal intentionnés (les «infox», laissons aux voisins du sud leur jargon de «fakenews»), sonnait la fin du journalisme. On peut au contraire prédire que ce déferlement anarchique ne tardera pas à ramener bien vite à la recherche de l’information, la vraie.

Dans tout ceci qu’en est-il de la communication? Un communicateur a pour rôle de «vendre» un projet, une idée, un produit. Pour ce faire, il va développer tout ce qui va dans le sens du but qu’il recherche, l’amplifier, voire l’exagérer, et passer sous silence et si nécessaire nier tout ce qui peut le desservir. Cela n’a rien à voir avec l’information, c’en est même l’exact contraire.

J’imagine bien que dans le cursus universitaire les enseignants prennent soin de clarifier les choses et effectuer les distinctions qui s’imposent. Il n’en reste pas moins que, dans l’esprit du public, l’intitulé d’«info-com» en lui-même prête à des amalgames inappropriés, bien souvent exploités par les «vendeurs» de tout poil et, qu’en ce sens, il est dommageable.

Michel Couthures
Moncton