«Nous sommes des frères de sang»

Qui pourrait expliquer au président Emmanuel Macron que la fermeture annoncée du Consulat général de France à Moncton est une décision funeste?

Ce consulat est beaucoup plus qu’un centre de services, il a une portée symbolique incommensurable. À celles et ceux qui oeuvrent pour la francophonie dans les provinces atlantiques, il inspire un sentiment de fierté et d’appartenance à la communauté francophone internationale. Il est à l’Acadie ce qu’était le World Trade Center à New York, ou ce que peut représenter un drapeau dans un pays.

Faut-il rappeler que le Nouveau-Brunswick est membre à part entière du Sommet de la francophonie? Et que le 24 novembre prochain, entre autres, l’Association des boursières et boursiers France-Acadie, l’ABBFA, célébrera le 20e anniversaire de son Fonds de bourses d’études Acadie-France qu’elle a institué dans un esprit de réciprocité envers le Programme France-Acadie du gouvernement français.

Acadie-France, c’est près de 50 bourses d’études qui auront permis à des jeunes de la France de venir poursuivre des études universitaires en Acadie depuis 1999.

Comme l’écrivait le sénateur René Cormier dans l’Acadie Nouvelle du 14 octobre, «du fait du rôle conféré au Consul par la France en matière de diplomatie économique et culturelle, le Consulat général a facilité la multiplication des échanges bilatéraux…»

L’Acadie n’est-elle pas ce qui reste de la Nouvelle-France dans les provinces maritimes, l’œuvre que Samuel de Champlain a établie sur cette côte de l’Amérique? Comme l’avait dit le président Chirac au Sommet de la Francophonie de 1999: «Nous sommes des frères de sang»!

Ne va-t-il pas là des acquis à conserver? Si on formait une délégation sur le modèle des quatre délégués acadiens qui ont rencontré le général de Gaulle, en janvier 1968, je serais volontaire en assumant même mes frais de déplacement, s’il le faut.

Benoît Duguay
Chevalier de la Légion d’honneur
Moncton