Un documentaire qui fait mal à regarder

Dans sa chronique du samedi 19 octobre, le père Comeau dit poser un geste politique en refusant de regarder le documentaire de Denise Bombardier. Il déplore ensuite le silence de millions de Québécois face à ce qu’il appelle les propos dénigrants de Mme Bombardier.

S’il s’était seulement donné la peine de regarder et d’écouter le documentaire, il aurait mieux compris les motivations de Mme Bombardier, son militantisme en faveur de la langue française et son grand respect des communautés francophones qui luttent pour la survie de leur langue et de leur culture. Ce documentaire émouvant fait mal à regarder, non pas qu’il soit insultant, mais parce qu’il montre bien l’effritement et la vulnérabilité de la culture française partout au Canada.

C’est l’avocat Michel Doucet qui m’avait un jour fait part de sa réflexion concernant le processus d’assimilation. Au Canada, me disait-il, les francophones sont concentrés au nord d’une ligne qui passe par les villes de Sudbury, Ottawa, Montréal et Moncton. Ces villes agissent comme des entonnoirs d’assimilation. Le Nord se vide au profit de centres urbains où la langue anglaise domine.

À la suite de son enquête, Mme Bombardier avoue demeurer pessimiste quant à l’avenir de la langue française au Canada, mais elle termine son documentaire par cette citation du poète Victor Hugo: Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là.

Jacques Thibault
Bathurst