Le temps est venu de payer les travailleurs paramédicaux comme des professionnels

Au cours des 14 derniers mois, les travailleurs paramédicaux du Nouveau-Brunswick ont demandé au gouvernement de mettre à jour leur catégorie professionnelle afin de refléter leur évolution.

Actuellement, les travailleurs paramédicaux sont considérés comme fournissant des services aux patients, comme cela a pu être le cas au cours des dernières décennies, mais ne sont toujours pas classés comme des professionnels de la santé.

Conformément à la Loi 6 (1) sur les relations de travail dans la fonction publique, l’employeur – le ministère de la Santé – a le droit d’attribuer des tâches et de classifier les postes.

À la suite d’un tollé général concernant l’état critique des soins d’urgence préhospitaliers, le gouvernement a entrepris une analyse de classification dans le cadre de laquelle il évalue aujourd’hui le rôle essentiel des travailleurs paramédicaux et leur classement par catégorie.

Cette solution attendue depuis longtemps est maintenant à portée de main et repose directement sur le gouvernement en place.

La publicité entourant une pénurie de personnel paramédical provincial a suscité de nombreuses discussions sur la manière d’identifier et de corriger le problème sous-jacent. Avec l’introduction d’un système de transfert des patients par la réaffectation des ambulances et travailleurs paramédicaux existants, et une rémunération supplémentaire pendant les mois d’été, on espérait une efficacité accrue, incitant les travailleurs paramédicaux à renoncer aux congés dont ils avaient tant besoin. Cela est l’équivalent d’un bandage sur un saignement artériel, cependant. La réalité reste un système en manque d’effectifs avec le même nombre de ressources et le même nombre d’appels, et des cliniciens épuisés, sous-payés et de plus en plus démoralisés. Bien intentionnés, les efforts de recrutement et de rétention en poste se heurtent à d’énormes difficultés, car les autres intervenants en cas d’urgence de la province sont payés en moyenne de 60% à 75% de plus que les paramédicaux. Cet écart n’est tout simplement pas acceptable.

La question peut être résumée par un déséquilibre offre/demande. La demande est en augmentation, comme en témoigne le volume d’appels, le vieillissement de la population, l’ajout de responsabilités, de nouveaux médicaments et de nouvelles compétences. À l’inverse, l’offre (travailleurs paramédicaux) est chroniquement insuffisante en raison de la stagnation des salaires et d’une classification désuète (1972). Dans son rapport annuel 2007-2008, la «dotation en personnel paramédical» a été identifiée comme le principal défi d’Ambulance Nouveau-Brunswick, citant 150 postes vacants. Onze ans plus tard, il est clair que ce que nous faisons pour relever ce défi ne fonctionne pas.

Si le gouvernement cherche réellement une solution en attirant des candidats de qualité dans la profession et dans la province, leur analyse doit confirmer que les travailleurs paramédicaux sont bien des professionnels de la santé. Le temps est venu de prendre soin et de payer les travailleurs paramédicaux comme les professionnels qu’ils sont.

Joel Mattatall,
Comité de reclassification des ambulanciers paramédicaux du Nouveau-Brunswick