Mieux vaut se baser sur des faits scientifiques

J’ai lu avec intérêt la lettre publiée dans l’Acadie Nouvelle, le 15 novembre 2019, par Jeanne d’Arc Lavoie, de Saint-Isidore.

Dans sa lettre, elle met en doute qu’un parc éolien est une énergie verte. Elle spécule que la construction d’un parc éolien doit probablement générer plus de pollution que les 30 années où elle générera de l’électricité. Elle s’inquiète des impacts de la construction d’un parc éolien sur l’environnement ainsi que sur la nappe phréatique. Elle termine en disant qu’il faut dire non aux éoliennes, c’est-à-dire non à la pollution sous toutes ses formes.

Cette position est diamétralement opposée à tout ce que j’ai lu et étudié sur les éoliennes et je me sens obligé d’y répondre.

Il faut comprendre que toute activité humaine a un impact sur l’environnement et la production d’électricité via l’éolien n’y échappe pas. Il y aura des impacts lors de la construction, de la production et de la mise hors service.

La crise climatique que nous subissons est vraie et selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de l’ONU, il faut, comme société, éliminer au plus vite notre dépendance aux combustibles fossiles et se tourner vers les énergies renouvelables. Il faut donc choisir les meilleures méthodes pour notre production d’électricité.

Selon FactCheck.org, il est vrai que la production d’électricité en utilisant le vent génère aussi des gaz à effet de serre (GES), mais la production d’énergie, peu importe la méthode utilisée, va en générer. Cet organisme se base sur des faits scientifiques et non pas sur des opinions.

Selon eux, la production d’électricité en utilisant le charbon génère presque 90 fois plus de CO2 que par éolienne et le gaz naturel 40 fois.

L’énergie électrique éolienne génère environ 11 grammes de CO2 par kWh, le charbon environ 980 grammes et le gaz naturel environ 465 grammes. L’éolien va donc contribuer grandement à surmonter le défi environnemental qui est devant nous.

Lorsqu’on affirme que la construction de chemins et de bases de bétons pour supporter les éoliennes aura des incidences néfastes sur la nappe d’eau, je demande simplement de comparer ceci aux dégâts environnementaux que génère la production d’énergies fossiles sur la nappe d’eau et sur l’environnement.

Pensons à la fracturation hydraulique et aux dangers que cette méthode d’extraction pose sur la nappe d’eau, ou bien à l’extraction de pétrole via des plateformes de forage en haute mer.

Tout le débat sur les éoliennes va se poursuivre dans les années à venir puisqu’il faudra en ajouter un grand nombre sur notre territoire pour satisfaire nos besoins énergétiques. Si on réussit à surmonter le défi que pose l’urgence climatique, il faudra que toute la production d’énergie soit de sources renouvelables, incluant l’éolien.

Au Nouveau-Brunswick, nous avons beaucoup de chemin à faire, puisque les énergies renouvelables ne représentent qu’environ le tiers (37,1%) de la production totale. De plus, selon certains experts, la demande énergétique pourrait jusqu’à quintupler d’ici 2050 sur la planète.

Nous n’aurons pas le choix d’accepter l’installation de parc éolien sur notre territoire.

Claude Cormier
Bathurst