L’acceptation communautaire est essentielle

La chronique de Hermel Vienneau du lundi 18 novembre intitulée Les éoliennes de la discorde semble vouloir être une défense de l’état actuel relativement au projet «Chaleur Ventus Projet Éolien».

M. Vienneau soulève de bons points dans son article tels que: «le problème avec ce projet de parc éolien est dans la conception de l’initiative»; la conception de l’initiative devait insister pour que les retombées économiques pour la communauté d’accueil, de même que l’acceptabilité sociale du projet, soient des critères de sélection»; «attendre l’étape de l’étude d’impact sur l’environnement pour consulter la population est trop peu trop tard».

M. Vienneau, voulant absoudre la Ville de Bathurst, nous dit essentiellement qu’elle a simplement eu l’oeil sur l’argent. Qu’elle a vu la carotte et l’a voulue. Vous savez, comme les multinationales, l’oeil sur l’argent prime sur l’acceptation sociale…

J’aurai aimé que M. Vienneau nous parle du volet communautaire dans cette affaire. Le «communautaire» me semble un terme simple à comprendre lorsqu’il n’y a pas d’argent en jeu. J’aime l’expression de M. Vienneau: «communauté d’accueil». Le terme «communautaire» dans cette affaire doit porter son sens habituel: la communauté où le projet s’implante et non pas les personnes (oui, je parle de vous Bathurst) qui, venues d’ailleurs, le veulent là, loin d’eux.

L’idée d’acceptation communautaire sous-entend l’acceptation locale. On ne peut avoir une acceptation locale à moins que, avant l’acceptation, les résidents locaux soient bien informés de toute l’affaire (le bon et le mauvais). L’acceptation et la connaissance préalable à l’acceptation vont ensemble. Consulter ne lie aucunement celui qui consulte; elle n’a pas la même rigueur que d’être informé; consulter permet le sophisme (argument, raisonnablement faux) de «virer» le débat: bien oui, vous saviez, on vous a consulté et vous étiez d’accord (ou pas en désaccord).

Le terme «acceptation communautaire» dans cette affaire d’éolien n’a rien à voir avec Bathurst. Lorsque le gouvernement provincial a décidé qu’on devait avoir la participation communautaire à 51% dans un tel projet, on ne parlait pas de qui avait le «cash», mais où se ferait le projet.

Je ne veux pas discuter de la question «une éolienne est-elle verte»? Ce n’est pas là le débat qui nous concerne à Anse-Bleue, à Dugas et à Village-des-Poirier. Le débat qui nous concerne est l’acceptation communautaire du projet à Anse-Bleue, à Dugas et à Village-des-Poirier.

Je ne veux pas non plus adhérer à la conclusion de M. Vienneau, à savoir que la prochaine fois on fera mieux…

L’acceptation communautaire est la pierre angulaire de la politique provinciale d’un projet d’énergie éolienne; c’est pourquoi il faut la participation communautaire de 51%. Qu’on cesse de défendre ceux qui pensent que l’acceptation communautaire n’est qu’un but à atteindre un jour, mais malheureusement pas aujourd’hui.

Savez-vous que l’antonyme (le sens opposé) de communautaire est privé?

Ginette Bertin
Anse-Bleue