Un projet qui n’est pas «communautaire à 51%»

Rien à faire, sauf protester. Voilà le titre de l’éditorial du 19 novembre de François Gravel.

Il parle du projet d’éoliennes que la Ville de Bathurst veut installer à Anse-Bleue, à Dugas et à Village-des-Poirier. Il parle du même projet d’éoliennes auquel la grande majorité des résidents (permanent et saisonnier) d’Anse-Bleue, Dugas et Village-des-Poiriers s’opposent.

«Des éoliennes y seront bientôt érigées» dit-il? «…sauf protester… et espérer que cela suffira à convaincre les promoteurs de changer d’idée» est sa triste conclusion.

J’ai eu l’impression que M. Gravel est peut-être un peu trop fataliste dans son argument qui repose, selon moi, sur l’idée qu’il existe toujours des territoires au Nouveau-Brunswick où règne le «Wild West». Si tu n’es pas résident d’une zone incorporée, tu renonces au contrôle sur le développent de ta propre arrière-cour!

Le paysage et la vie en commun appartiennent à la communauté; il est donc raisonnable d’insister pour que la communauté participe au contrôle du développent de «sa propre arrière-cour». Le projet de la Ville de Bathurst d’implanter une installation de production d’électricité (éolien) à Anse-Bleue, à Dugas et à Village-des-Poiriers n’est pas un projet communautaire parce que Bathurst n’est pas la communauté d’accueil.

Si par chance vous n’avez rien à faire prochainement, prenez un moment et questionnez-vous sur le sens du mot «communautaire». Vous savez que ce mot revient souvent dans le dossier énergétique de la province. Le programme d’Énergie NB parle qu’un «projet» qui doit être «communautaire à 51%».

Bathurst prétend qu’il n’est pas nécessaire que les communautés d’accueil acceptent son projet pour que son projet soit reconnu comme «communautaire à 51%», même si les communautés d’accueil (Anse-Bleue, Dugas et Village-des-Poiriers) s’y opposent.

Pour moi, le terme «communautaire à 51%» n’existe pas lorsque les communautés d’accueil s’opposent.

Il serait déraisonnable que Fredericton aide Bathurst à investir dans un projet qui n’est pas «communautaire à 51%».

Gina Girard
Résidente saisonnière
Anse-Bleue