L’Église catholique tient à former adéquatement les prêtres de demain

L’Église catholique a trop souvent tristement brillé dans les manchettes en raison des nombreux abus sexuels commis par des prêtres ou des religieux. Ces gestes inacceptables doivent être dénoncés et pris au sérieux par les autorités ecclésiales, afin que la justice suive son cours.

Non seulement ces actes, en totale contradiction avec le message de l’Évangile porté par l’Église catholique, ont-ils détruit des vies, mais ils ternissent le travail extraordinaire qu’accomplit la grande majorité des prêtres, religieux et religieuses, dévoués jour après jour à l’édification d’une meilleure société. J’aimerais aujourd’hui faire valoir les leçons que nous tirons du passé.

À titre de directeur de la Fondation de Grand Séminaire de Montréal, organisme qui contribue à financer la formation des séminaristes (nom qui désigne ceux qui s’apprêtent à devenir prêtres), je suis témoin de l’évolution et de la rigueur du processus actuel de formation. L’Église catholique tient en effet à s’assurer de former adéquatement les prêtres de demain.

Par exemple, le Grand Séminaire de Montréal exige depuis plusieurs années une évaluation psychologique complète de tout candidat avant qu’il ne soit accepté. Cela permet, entre autres, de déceler les éventuelles blessures personnelles, de les aborder ou de prendre les mesures qui s’imposent. Tout au long de sa formation, le séminariste fera l’objet de plusieurs autres examens. De nombreuses consultations sont également réalisées avant qu’un séminariste soit admis à l’ordination sacerdotale par l’évêque. La dimension de l’équilibre sexuel et affectif est prise en compte sérieusement dans l’accompagnement personnel et spirituel des candidats.

La formation d’un séminariste s’échelonne sur une durée de huit ans. Au cours de la première année, les séminaristes vivent une année de préparation, qui leur permet de confirmer leur vocation. Les trois années suivantes sont consacrées à l’étude de la philosophie (pendant deux ans) et de la théologie (pendant un an). Les étudiants sont ensuite invités à vivre en paroisse une année complète, pour découvrir sans plus tarder la réalité du terrain. À ce stage succèdent deux autres années d’études en théologie puis à nouveau une année de stage pour éventuellement être ordonné diacre transitoire, avant d’être ordonné prêtre.

Tout au long de ce parcours, des cours et des sessions complémentaires en relations humaines afin de mieux comprendre des groupes cibles (personnes itinérantes, personnes handicapées, etc.) et en communication sont offerts afin que le candidat puisse bien comprendre son engagement comme prêtre et qu’il soit en mesure de vivre son célibat de façon épanouie.

En cette année académique 2019-2020, 15 séminaristes suivent la formation pour devenir prêtres. C’est dire combien cette formation est scrupuleusement dispensée selon un programme personnalisé qui vise à bien accompagner chacun des séminaristes.

Lors de la fête de la Nativité de Jésus (oui, c’est ce que l’on fête vraiment à Noël!), beaucoup d’entre nous iront à la messe en famille. Soyons sensibles au dévouement de nos prêtres qui nous accueillent à bras ouverts, dans notre quotidien comme lors des moments marquants de notre vie, que ce soit notre baptême, notre mariage ou même nos funérailles. C’est dans toutes ces occasions qu’il nous est donné de réaliser que nous faisons tous et toutes partie d’une même famille!

Sébastien Froidevaux
Directeur général de la Fondation du Grand Séminaire de Montréal