Patrimoine linguistique: que fera Saint-Antoine?

Le petit cahier publicitaire de «Saint-Antoine, p’tite ville en campagne» (Acadie Nouvelle du 25 novembre) a suscité mon intérêt.

On sent bien que dans ce joli village du comté de Kent, de nombreuses personnes ont à cœur de conserver et de valoriser leurs acquis.
Le cahier précise que le conseil municipal a établi ses priorités par rapport à plusieurs secteurs, notamment la sécurité publique, la gestion des installations et le service de lutte contre les incendies.

Le parc d’affaires de Saint-Antoine, un important créateur de richesses, dispose de terrains prêts à accueillir divers types d’entreprises.

D’ailleurs, sa belle enseigne (photo p. 6 du cahier), nous informe que le parc abrite au moins trois entreprises: Roger Richard Woodworking, un commerce du nom de Woody’s Auctions et enfin, C. L. Equipment (Service & Repair).

Dans les limites du village se trouvent aussi quelques magasins, dont le Renaud’s Furniture, le Saint-Antoine Farm Equipment, sans oublier le KENT Discount Center, et j’en passe.

On y offre aussi des services personnalisés essentiels tels que la Vienneau Assurance… «Worry pas» ou ne t’inquiète pas, ça ne coûte rien!

La Municipalité de Saint-Antoine reconnaît aussi qu’elle doit en partie sa prospérité au foyer de soins, qui accueille les personnes âgées du village et de la grande région de Kent-Sud. Elle sait aussi que le nombre de vieilles personnes de langue française à soigner augmentera au cours des prochaines années.

Il est encourageant de savoir que le conseil municipal de Saint-Antoine veut conserver son patrimoine bâti – ses monuments, son église et les noms de ses premiers habitants -, mais que fera-t-il de son patrimoine linguistique? Le cahier n’en dit rien!

Le conseil municipal pourrait-il expliquer bientôt les moyens qu’il mettra en œuvre pour conserver la langue française, lui donner la préséance dans l’affichage, et la mettre en valeur sur son territoire?

Nous savons tous qu’il ne suffit plus de se contenter d’invoquer le bon saint Antoine pour la retrouver!

Adrienne Deveau
Bathurst