Une aventure musicale qui séduit depuis 30 ans

Le chœur Beauséjour est sous la direction de Monique Richard depuis 1989. Trente ans d’une aventure musicale qui séduit depuis toujours et dont nous sommes fiers.

C’est par un concert de Noël tout en beauté que l’ensemble terminait ce trentième anniversaire. S’il s’était agi d’un mariage, on aurait parlé des noces de perle. Ici, il s’agit d’harmonie de belles voix, de liens de confiance entre choristes et directrice, et de sentiments respectueux envers un public amateur friand de belle musique à qui on ne sert que de la qualité.

Quarante voix de femmes dans un chœur dont la réputation n’est plus à faire. Dix d’entre elles sont toujours là depuis les débuts. La directrice est exigeante et la chose est évidente. Elle dit et pense que ce sont plutôt les choristes qui sentent un besoin de dépassement. Il faut donc conclure que, quand ces ingrédients sont en présence, il y a tout pour assurer un résultat parfait ou presque. Et, c’est ce que le chœur offre depuis toutes ces années: des perles tant du côté des choristes, dont les voix sont excellentes, que du côté d’une directrice qui a toute la compétence pour assurer une performance qui plaît. Et, les spectateurs, à la sortie, ne tarissent pas d’éloges.

Les Acadiens se sont illustrés par le chant choral tout au cours de leur histoire au point d’atteindre des notoriétés enviables. Les congrégations religieuses d’hommes et de femmes en ont développé le goût, que ce soit dans les collèges de filles ou de garçons. Depuis, des laïcs bien formés assurent la relève et sont à la hauteur. Pour ce qui est du Sud-Est, pensons aux Léandre Brault et aux Neil Michaud, du collège Saint-Joseph, aux Florine Després, du collège Notre-Dame-d’Acadie, et aux Laurette Gallant des religieuses Notre-Dame-du-Sacré-Cœur.

Monique a grandi dans une famille où la musique occupait une place de choix. Elle avoue ne pas avoir senti de pression indue et n’a jamais eu envie d’abandonner. Elle admet toutefois que, jeune adolescente, elle n’aimait pas toujours s’exercer au piano. Elle ne rate jamais l’occasion de rendre à César ce qui appartient à César en attribuant la part qu’il faut de son succès à la présence des religieuses Notre-Dame-du-Sacré-Cœur de qui elle tient une partie importante de sa formation. D’ailleurs, un fort rayonnement musical dans la région leur est dû.

Monique s’entoure de petits ensembles musicaux dont les artistes sont de grand talent. Ils ajoutent un cachet spécial aux représentations. Elle compte, depuis près de dix ans, pour l’accompagnement au piano, sur la talentueuse Brigitte Lavoie.

Cette année, quatre musiciens rehaussaient la qualité du spectacle dont Roger Castonguay aux percussions, Robin Streb au violon, Jaeyoung Chong au violoncelle et Amélie Richard au saxophone alto. Cette dernière accompagnait le chœur de belle façon dans l’exécution de Go Tell it on the Mountain. Les solos étaient assurés par les sopranos Claudette Magee et Patricia Murray.

Le concert se voulait un «Prélude à Noël». Aurait-il été tout aussi approprié de parler d’«Ode à un chœur qui séduit depuis 30 ans» et qui, en plus, ne montre aucun signe d’essoufflement?

Monique Richard a l’art de choisir de beaux arrangements sans que ne soient perdus les airs traditionnels dont ceux de A. Snyder dans les pièces Coventry Child, Tidings of Comfort and Joy et Vive le vent. Les spectateurs ont semblé aimer de façon particulière le Il est né dans un arrangement de N. Burt. Une mention spéciale va aux pièces Minuit, chrétiens, Un flambeau, Jeannette Isabelle, et Adeste Fideles, cette dernière exécutée avec la participation du public.

Et, le «petit Jésus» ne doit pas se déplaire aux airs assaisonnés de jazz tout juste assez pour donner un swing agréable au temps des Fêtes.

Profitons de l’occasion pour souhaiter un joyeux 30e à toutes celles qui ont assuré un tel succès au chœur Beauséjour ainsi qu’à la directrice. Monique Richard mérite assez qu’on la propulse au Temple de la Renommée du chant choral en Acadie tout juste à côté des Brault, des Michaud, des Després, des Gallant et d’autres.

Puisse l’ensemble durer encore longtemps et continuer de faire la joie des mélomanes d’ici et d’ailleurs.

Hector J. Cormier
Moncton