La sécurité de nos jeunes écoliers sur nos routes rurales, c’est pour quand?

Pourquoi la sécurité de nos jeunes enfants marchant à l’école ne vient-elle pas en premier dans nos régions scolaires rurales? Si l’on va obliger nos enfants demeurant à proximité de nos écoles de marcher à l’école sans avoir accès à l’autobus, ne devrions-nous pas faire tout effort pour assurer la sécurité physique de ces jeunes quand ils marchent à l’école? Est-ce que des accotements de chemin plus large permettant une marche sécuritaire sur la route près des écoles ainsi que des traverses pour piétons bien signalisés en avant des écoles ne seraient pas de mise dans nos régions scolaires rurales comme dans nos régions urbaines?

Présentement, dans la région de Cap-Pelé des parents demandent pour une traverse pour piétons en avant de l’École Donat-Robichaud afin de rendre le trajet des jeunes enfants qui marchent à l’école plus sécuritaire, et celle-ci est n’est pas seulement une demande qui date d’aujourd’hui puisque des demandes semblables furent faites dans les années passées.

À l’École Père-Edgar-T.-LeBlanc, à Grand-Barachois, c’est la même chose, les parents des enfants de cette école demandent depuis plusieurs années pour une traverse pour piétons, des accotements élargis ainsi qu’un enseigne indicateur de vitesse rappelant aux automobilistes de ralentir au 50 km/h pour la sécurité des enfants qui doivent traverser le chemin pour se rendre à l’école. Sans historique pour l’École Grande-Digue, je présume que les parents des élèves de cette école doivent vivre les mêmes préoccupations, étant donné que l’entrée de l’école se trouve sur la route principale qui doit avoir un montant de véhicule assez élevé utilisant ce chemin pour l’aller et retour, et là aussi n’y a pas de traverse pour piétons.

Bien que les requêtes pour des améliorations se rendent souvent à nos gouvernements municipaux, avec mes 12 années d’expérience au sein du conseil municipal de Beaubassin-est, en plus de participer à ces mêmes requêtes des parents, je sais que ce champ de responsabilité appartient au ministère des Transports et Infrastructures et n’est pas sous l’autorité des municipalités. Toutefois, je suis encore et serai toujours déçu des réponses du ministère des Transports et Infrastructures qui refuse d’acquiescer aux demandes légitimes des parents et des municipalités qui cherchent tout simplement à assurer la sécurité physique de leurs enfants qui doivent marcher à l’école.

Pour justifier son refus, le ministère se réfère toujours à ses calculs scientifiques et sa réglementation, indiquant que l’installation de traverses pour piétons ou de lumières de contrôle routier, placées là où le nombre d’automobiles ne le justifie pas, pourrait être moins sécuritaire et même être la cause d’accidents potentiels pour les automobilistes.

Je ne suis pas un expert en sécurité routière et je ne prétends pas l’être, mais j’ai de la difficulté à comprendre que la sécurité de nos enfants qui marchent le long de nos routes pour se rendre à l’école n’est pas la priorité dans tout ce débat. Souvent, on peut voir des traverses pour piétons pour se rendre à des entreprises ou à des bureaux… Encore plus choquant – on nous dit que c’est à cause du plus grand nombre de véhicules sur les routes – les régions urbaines ont des trottoirs, des accotements élargis et des traverses pour piétons aux entrées de toutes les écoles primaires et secondaires. Et ceci, peu importe la distance de la prochaine traverse pour piétons. À Cap-Pelé, pourtant, on donne comme autre raison pour ne pas installer une traverse près de l’école qu’il en a une à quelques centaines de mètres. Mais, malheureusement, celle-ci se situe de l’autre côté de deux intersections de route assez achalandées.

Je trouve inconcevable que les trois ministères touchés par cette question (Transports, Sécurité publique et Éducation) ne puissent s’entendre sur des solutions pour offrir à nos enfants la même sécurité durant leur marche à l’école que celle des enfants en milieu urbain, des adultes qui fréquentent les entreprises et les bureaux, et des automobilistes sur nos routes.

Ce sont des préoccupations que je soulève provenant des parents qui m’ont élu pour les représenter dans la région scolaire de Shediac, qui comprend les écoles de Cap-Pelé, Grand-Barachois et Grande-Digue. Il n’y a aucun doute que ces mêmes préoccupations se reflètent ailleurs dans les milieux ruraux. Je suis convaincu que les responsables des trois ministères mentionnés ci-haut peuvent travailler ensemble pour effectuer les changements nécessaires pour assurer le même niveau de sécurité à tous les enfants de la province.

Gilles Cormier
Saint-André-LeBlanc