Regarder vers le haut à partir d’en bas

La nouvelle est tombée et les données ont été rapportées cette semaine: le Nouveau-Brunswick se retrouve économiquement à la dernière position des provinces du Canada. Comme Néo-Brunswickois, ce n’est certainement pas le genre de nouvelle qu’on aime entendre, surtout en ce temps des fêtes. Ce n’est pas non plus le genre de publicité que nous avons besoin de générer lorsque nous mettons autant d’énergie et d’efforts pour attirer de la main-d’œuvre pour nos entreprises, des futurs résidents dans nos communautés, des touristes aux quatre coins de notre province ou, tout simplement, pour convaincre nos Néo-Brunswickois de rester ici.

Il y a plus d’un an, le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB), en collaboration avec d’autres organismes d’affaires, avait lancé le message que notre province était à la croisée du chemin et qu’il était primordial de choisir la croissance. La croisée des chemins, c’était l’an dernier. Aujourd’hui, nous n’avons plus le «luxe» de choisir. Il faut tout simplement agir.

Nous pouvons nous plaindre sur notre sort, rabâcher cette nouvelle qui est tombée cette semaine, mais qui, au passage, arrive sans grande surprise. Nous pourrions aussi pointer certaines personnes, décisions, ou événements du doigt et tomber dans le cynisme. Une option hautement préférable serait plutôt choisir de se mettre en mode solutions et choisir de propulser notre économie.

Il est maintenant primordial pour le meilleur intérêt et l’avenir de notre province et de nos citoyens, de focaliser nos discussions et notre énergie collective vers les solutions. Face à cette situation d’urgence, je suis convaincu que nous possédons les ressources nécessaires sur notre territoire pour aider le Nouveau-Brunswick à remonter dans le classement.

Pour nous aider à trouver des solutions concrètes, il me semble fondamental de déterminer une vision à long terme pour notre province. La succession des gouvernements à mandats de quatre ans depuis plusieurs années ne nous a pas permis d’établir une vision claire et à long terme pour guider notre province vers une direction commune.

Quelle est notre vision à long terme? Une chose est sûre, nous ne pouvons pas répéter les stratégies et tactiques du passé en pensant obtenir des résultats différents. Étant donné notre situation, nous n’avons rien à perdre d’être innovateur et de voir des occasions qui positionneraient le Nouveau-Brunswick sur l’échelle nationale et internationale. Avoir une vision à long terme commune permettrait de rallier toutes les régions derrière un plan de match et à nos entreprises locales (moteur de notre économie) de mieux aligner leurs activités en conséquence.

Justement, en ce qui concerne nos entreprises locales, bien que les nouvelles économiques rapportées ont très souvent un angle négatif, il me semble très pertinent de souligner que nous avons plus de 25 000 petites et moyennes entreprises au Nouveau-Brunswick créatrices de richesses pour nos communautés. Mentionnons des entreprises comme la Distillerie Fils du Roy, entreprise de l’année du CÉNB, ou encore Edmundston Truck Stop, la Maison Beausoleil, Croisières Shediac Bay Cruises, Chopin Health Solutions, récipiendaires de nos Prix Coups de Cœur 2019, ou tous nos membres. Ces gens d’affaires nous démontrent jour après jour que l’ingéniosité, la détermination et le courage, le tout accompagné d’une vision à long terme, peuvent mener à la réussite.

Alors oui, l’économie du Nouveau-Brunswick n’est pas au mieux de sa forme. Mais l’une de nos forces néo-brunswickoises c’est notre résilience. Similairement aux entrepreneurs que je côtoie et qui font face aux incertitudes sur une base quotidienne, nous devons penser et agir ensemble en termes de solutions lorsqu’il s’agir du futur de notre province. Une vision à long terme pour une économie durable sera bénéfique pour tous et assurera la vitalité de toutes nos communautés.

Notre seule issue est de remonter cette pente. Il nous faudra le faire avec une vision claire et, surtout, le faire ensemble: alors, voulez-vous faire partie de la solution?

Thomas Raffy
PDG du Conseil économique du Nouveau-Brunswick