Notre société est malade

L’autre nuit, j’ai fait un rêve étrange. J’étais en discussion animée avec un ami, mû par une véhémence que je ne me reconnaissais pas.

À un moment donné, je déclarais: «C’est peut-être difficile à croire, mais notre société est malade!»

À sa demande d’explications, je poursuivis: «Prenons le cas du Canada. D’une part, on se plaint d’être obligé d’enregistrer d’énormes déficits chaque année, ce dont témoigne éloquemment la gigantesque dette accumulée, qu’on attribue aux coûts exorbitants des services en santé, au nombre insoutenable de bénéficiaires de l’aide au revenu dû à des maladies chroniques ou à d’autres causes débilitantes, au manque de main-d’œuvre et quoi d’autre encore. D’autre part, on permet – on subventionne même – toutes sortes de pratiques connues pour provoquer diverses maladies et autres problèmes de santé. Que l’on pense aux épandages à grande échelle de produits chimiques, à la vente de drogues et d’alcool, à la déforestation, à la pollution des océans et de l’atmosphère, qui sont tous des causes probables de l’embouteillage décrié aux urgences et des longues listes d’attente pour une chirurgie. À ces conséquences regrettables, on peut ajouter l’invalidité d’un grand nombre des bénéficiaires de l’aide au revenu et, conséquemment, du manque de main-d’œuvre. Ne sont-ce pas là des signes d’une décadence sociétale bien engagée?»

Je poursuivis en énumérant des civilisations anciennes qui sont disparues de causes endogènes, dont la décadence, telles que l’empire hittite, les empires Maurya et Gupta, l’Empire romain d’Occident, la civilisation étrusque, la civilisation maya…

Je n’avais pas terminé mon énumération quand je me suis réveillé.

Au déjeuner, j’ai longuement réfléchi à ce rêve. Je n’y ai rien trouvé de faux; quoique je m’impose une certaine réserve quant aux causes historiques de la disparition de l’une ou l’autre des civilisations énumérées, que je n’ai pas pu confirmer.

Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent