Non à une hausse de la taxe foncière à Tracadie

À titre de citoyenne de la Municipalité régionale de Tracadie, je m’oppose fermement à l’augmentation de la taxe foncière de la MRT pour l’année 2020.

Je suis d’accord avec les arguments soulevés par le maire Denis Losier lors de la réunion extraordinaire du 23 décembre dernier, en opposition à l’augmentation de la taxe proposée.

Il nous faut considérer qu’en plus de vivre dans la province la plus pauvre du Canada, nous vivons dans l’une des régions les plus défavorisées.

Lors de cette réunion du 23 décembre, certains conseillers ont argumenté en faveur d’une augmentation de 2% de la taxe foncière sous prétexte que le coût de la vie augmente et que le conseil se doit d’augmenter les taxes en conséquence. Ces mêmes conseillers oublient que le coût de tous les intrants municipaux n’augmente pas ou ne devra pas nécessairement augmenter au même rythme que le coût de la vie.

Les conseillers élus doivent surtout tenir compte de la capacité de payer des contribuables, compte tenu de la hausse constante du coût pour leurs besoins de base tels que l’électricité, le chauffage, la gazoline, l’épicerie, le loyer, les vêtements et les médicaments, le cas échéant.

Ce qui n’augmente pas au même rythme que les besoins de base mentionnés précédemment, ce sont les salaires, surtout de ceux qui travaillent au salaire minimum. Tenons compte également que les allocations offertes par Développement social N.-B. aux plus démunis ne semblent pas assujetties à l’inflation. Il en va de même pour les pensions des travailleurs, la pension des personnes âgées, etc.

Il faut aussi prendre en considération les coûts additionnels occasionnés dans notre région en raison des déplacements et des besoins en hébergement lorsque nos gens doivent se rendre à Bathurst, à Moncton ou à Saint-Jean, pour obtenir des soins de santé plus spécialisés. Ceci engendre des coûts que bien des gens ne peuvent se permettre et conséquemment, ceux-ci doivent faire des choix déchirants.

La municipalité a le devoir de tenir compte de la réalité socioéconomique de la région desservie et de la véritable capacité de payer de ses concitoyens qui, dans une large proportion ont peine à satisfaire leurs besoins de base.

Tout comme chaque individu est responsable d’élaborer son propre budget, l’aidant ainsi à vivre selon ses moyens, le conseil municipal se doit de déterminer ce qui constitue des services indispensables par rapport à ce qui constitue des services de second plan et d’ajuster son budget en conséquence.

Norma McGraw
Petit-Tracadie