Je suis un citoyen de deuxième classe

On est le 1er janvier 2020 et je suis en beau fusil. Je laisse la station de radio CKRO aux alentours de 2h40 du matin et avant de partir je reçois des appels me disant que les routes n’ont pas été déblayées. Un monsieur me dit qu’il a conduit de Caraquet à Tracadie dans environ un pied de neige; une dame me dit qu’ils ont roulé de Tracadie à Lamèque dans les mêmes conditions routières et un monsieur de Bathurst à Saint-Isidore, encore dans la neige.

Il a neigé. Il n’y a pas de banc de neige et pas de vent, donc il est où le problème? Elles sont où les charrues? S’il y avait des bancs de neige de 3 à 4 pieds de hauteur et des vents violents; je comprendrais pourquoi les charrues sont restées au garage, mais ce n’est pas le cas.

J’arrive devant l’église de Pokemouche et il y a une ambulance stationnée dans la cour dans au moins un pied de neige. Ma pression sanguine est sur le point d’exploser et j’arrête pour parler aux ambulanciers. Je leur demande s’ils travaillent pour le gouvernement et je comprends que Medavie est sous contrat avec la province.

Je leur dis que leur employeur est irresponsable, car il met leur vie en danger, dans des conditions routières de la sorte. Ces ambulanciers sont probablement des pères de famille et leur employeur ne peut même pas leur donner des routes déblayées pour leur sécurité et la sécurité de leurs patients; pourtant à ce moment-là il ne neige plus et il ne vente plus. On ajoute à tout cela Opération Nez rouge et ses bénévoles qui sont sur les routes dans ces conditions effrayantes. Je me suis posé deux questions: est-ce que les automobilistes de Moncton, de Saint-Jean et de Fredericton circulent dans de telles conditions? J’en doute. Et est-ce que la Péninsule acadienne va être paralysée chaque fois qu’il va neiger? C’est l’hiver et par ici, il neige. Et c’était la veille et le matin du Jour de l’An. Je n’en reviens tout simplement pas.

Si une tragédie routière était survenue, ne vous en faites pas, les charrues auraient été déployées sur-le-champ.

C’est l’hiver; c’est l’hiver c’est l’hiver!

Gaston Doiron
Rivière du Portage