La nouvelle année

Ça y est! Nous voici en 2020, vision parfaite, n’est-ce pas? Comme l’an 2000 où on attendait le cataclysme informatique qui ne s’est pas produit, aujourd’hui 20 ans plus tard, à l’aube de cette nouvelle décennie, pas d’attente de catastrophe sauf que nous sommes beaucoup à retenir notre souffle se demandant quand la dégringolade du monde, qu’on a connu, va arriver et jusqu’où elle va aller.

En 2000, on nous annonçait aussi le XXIe siècle de la spiritualité tel le siècle des Lumières au XVIIIe, mais nous avons vite déchanté. Ça semble plutôt avoir été la décennie du «J» et débarrassons-nous du «Nous» collectif au plus vite. Après tout, chacun chez soi et les moutons seront bien gardés. Comme si c’était si simple. Il me semble que nous avons déraillé. Je repense aux extraordinaires peintures du mur des rapaces, en écho au mur de Donald Trump, de René Derouin au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, au Québec, où les quelques personnes qui y figurent sont attaquées de toute part par des oiseaux de proie. Ces immenses toiles nous rentrent dedans à 100 milles à l’heure et nous laissent sonnés. Pourquoi? Parce qu’elles transmettent de façon implacable l’émotion brute, dure et pure, de notre société en décadence.

Une époque difficile s’annonce pour l’humanité et notre maison, notre mère nourricière, la terre. Il faut se rappeler que sans le «Nous» il n’y a pas de «J» et qu’il n’y aura pas non plus d’avenir à long terme. Devons-nous encore rappeler que nous sommes tous partis d’une même chaîne qui nous maintient en équilibre sur cette terre et que nous sommes aussi fort que le maillon le plus faible. Lorsque le chaînon le plus fragile casse, tous les autres chaînons tombent. Cela ne prend pas Isaac Newton pour comprendre cela sauf qu’il faut dire qu’il avait raison avec la force de la gravité. Qu’on s’aime ou qu’on ne s’aime pas, là n’est plus la question. La question est que si nous voulons continuer la vie sur cette planète, il va falloir s’entendre et vite, car c’est cette décennie qui arrive qui nous amènera au point des non-retours ou pas. À nous de choisir, à nous de nous responsabiliser pour notre survie individuelle comme collective, car l’une est liée à l’autre.

Enfin, tentons de rester optimiste, après tout n’est-ce pas la pensée qui dirige tout, du moins c’est ce que l’on dit. C’est certain que les valeurs changent, en tous cas les valeurs des baby-boomers ne sont plus à la mode, et c’est peut-être une bonne chose. Cependant, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, car on risque d’avoir un réveil brutal ou même fatal, car nous avons besoin de toutes les lumières.

Lucie LeBouthillier
Bas-Caraquet