La vérité des pseudo-experts: trop belle pour être vraie

Comme vous êtes probablement déjà au courant, la science de la nutrition est tendance ces temps-ci. Étant en évolution constante, elle peut être fréquemment mal interprétée, et ce, à plusieurs égards. Cette nouvelle science se prête bien aux articles accrocheurs qui ont pour but de susciter l’attention du public. L’oignon tue les cellules du cancer ou bien Manger des plantes vous fera vivre plus longtemps sont des titres qui font fureur.

Pourquoi certains prétendent-ils être des experts en nutrition et se donnent-ils le droit d’éduquer le public? Qui sont les éducateurs pour la santé en 2020?

Qui doit-on croire?

L’éducation pour la santé est un concept qui semble simple, mais qui s’approprie facilement par plusieurs pseudo-experts ayant un intérêt en nutrition. Les éducateurs pour la santé sont les professionnels de la santé qui s’appuient sur des données probantes pour relier le savoir et la pratique et ainsi aider la communauté à se construire une opinion constructive.

Les professionnels en santé communautaire se réfèrent à des méthodes, un véhicule et des outils pour transférer des connaissances et des compétences basées sur leur apprentissage.

Les professionnels de la santé utilisent la méthode scientifique qui repose sur la collecte de nombreuses observations. Lorsque certaines personnes se prétendent expertes, elles mettent de l’avant des faits mentionnés dans des articles et profitent du lien de référence comme arme pour convaincre sans toutefois mentionner tous les faits, ce qui détourne la vérité.

Ainsi, citer une seule étude dans un article sur Facebook sur le dernier régime mène à peu de crédibilité. Se fier à des recherches valides et à des sources impartiales, avec toutes les nuances qui sont impliquées, en vaut la peine pour s’éduquer de façon crédible.

De plus, les résultats des chercheurs sont souvent mal rapportés ou exagérés, ce qui mène, la plupart du temps, à des nouvelles carrément fausses. La plus récente découverte en nutrition ne devrait pas influencer l’alimentation du public, car peu d’informations sont connues sur le sujet.

En fait, ce sont les émotions et les opinions qui comptent le plus. Les expériences personnelles peuvent être parfois plus intéressantes pour le public, mais restent cependant anecdotiques.

Les médias sociaux sont devenus une source d’information et les pseudo-experts s’en servent comme plateforme de diffusion pour égayer leur public cible. Certains perçoivent également cet intérêt grandissant pour la nutrition comme une occasion d’y gagner quelque chose, au profit de la vérité.

Ces messages déforment le discours ambiant des professionnels et conduisent vers de la mauvaise information.

La population se retrouve donc exposée à une surabondance d’information invalide et peu fiable, donc à être désinformée. Le problème est que les risques de dérapages sont grands et courants. Ces messages nutritionnels des pseudo-experts ne méritent pas l’attention du public.

La portée de ces informations sur la vie réelle est généralement négligeable, car elle n’est pas représentative du mode de vie de la plupart des Canadiens.

Comment faire?

Enfin, il faut se poser des questions à savoir: est-ce que la nouvelle est basée sur la science ou seulement sur une opinion? Y a-t-il plusieurs études scientifiques qui appuient ces résultats? Est-ce que l’étude se veut biaisée par le fait qu’elle confirme des résultats poussés par une compagnie externe ayant financé l’étude et pour qui celle-ci sera profitable? S’agit-il d’un article-choc qui renverse toutes croyances existantes ou qui fait la promotion d’un seul aliment?

Au final, si l’information semble être trop belle pour être vrai, c’est peut-être parce qu’elle provient d’un pseudo-expert.

Madélie Giguère Johnson
Moncton