La science au service du plus fort

Cédric Thévenin, dans son article du 6 janvier, fait état d’une omerta entourant l’enjeu forestier pris en otage par certaines compagnies pourvoyeuses d’emplois au Nouveau-Brunswick.

Pour un citoyen lambda, d’obédience capitaliste de surcroît, il n’y a rien d’anormal à ce qu’une compagnie privée puisse influencer les décisions à prendre par rapport à cet enjeu.

Cependant, il n’est pas moralement correct qu’un quelconque scientifique puisse se porter garant d’une décision ayant pour objectif de faire le maximum de profits possible aux compagnies, et ce, au détriment des questions environnementales.

Le respect que l’on doit à n’importe quel scientifique vient de son intégrité à ne pas faire valoir ses émotions et ses intérêts sur les faits. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on cite souvent les scientifiques lorsqu’on veut étayer un point de vue ou convaincre quelqu’un à prendre une décision éclairée.

En tant que société qui se veut sérieuse, on court un grand risque lorsque les scientifiques auxquels on doit se référer pour prendre des décisions se mettent en quatre face aux compagnies, avec l’unique but de profiter des financements de ces dernières pour leurs projets de recherches.

Heureusement, il y a encore des chercheurs qui ne se laissent pas facilement berner, mais jusqu’où peuvent-ils encore tenir sans les mannes de ces compagnies?

Si on n’y fait rien, on risque d’assister à une érosion de la science et, par ricochet, à une méfiance envers les scientifiques, dans un monde de plus en plus dominé par des pseudosciences.

Jean Codjo
Moncton