Lorsque des enfants paient le prix des conflits familiaux

On se rappelle encore du très tragique drame familial survenu non loin de Montréal, vers la fin d’octobre de l’année dernière. Le père enlève brutalement la vie de sa fille âgée de 5 ans et de son fils de 7 ans. La population canadienne en a été bouleversée à tout jamais.

Tout récemment, dans notre propre province, cette fois à Rothesay, une mère en fait autant avec sa fille de 7 ans. Son supplice à elle se termine par une blessure auto-infligée. C’est encore l’incompréhension.

À Thunder Bay, en Ontario, encore ces derniers jours, un jeune garçon de 11 ans meurt et la mère est accusée du meurtre au second degré.

Ces trop nombreux drames familiaux nous révèlent sans l’ombre d’un doute que certaines familles canadiennes vivent de très pénibles situations et que notre société est profondément malade.

Peu importe où ils habitent, certains enfants doivent se poser parfois des questions à savoir si leur propre vie est en danger.

Chaque parent canadien devrait lire et vivre ce qu’a écrit Gibran dans son livre Le Prophète. Au bénéfice des lectrices et des lecteurs, permettez-moi d’en citer un bref passage:

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit: Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous, mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais non point vos pensées, Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps, mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière ni ne s’attarde avec hier.

Alcide F. LeBlanc
Moncton