Rien de neuf sous le soleil en ce qui concerne la vaccination

La vaccination antivariolique a été découverte grâce à différents travaux scientifiques entre 1769 et 1796.

En 1840, la vaccination antivariolique a été acceptée et généralisée en Angleterre. Avant cette époque, la variole, aussi appelée petite vérole, touchait 60% de la population et le tiers d’entre eux en mourait. Les autres étaient variablement défigurés par les cicatrices. La variole a officiellement été déclarée éradiquée de la terre en 1980 grâce à la vaccination. On pense que certains laboratoires militaires en ont conservé la souche.

J’ai été vacciné contre la variole comme tous les gens d’un certain âge.

Avant l’arrivée des Européens, il y avait en Amérique entre 40 et 100 millions d’humains. On rapporte que les maladies des Européens, variole, typhus, grippe, diphtérie, rougeole, peste et coqueluche, auraient tué 80% des indigènes. Je ne pense pas qu’on puisse avancer de chiffre précis puisque le déclin des populations a été causé par de nombreuses causes dont les guerres et les massacres, mais il est certain que les maladies européennes ont fait des ravages.

Le général Amherst, qui détestait les «Indiens», a même volontairement provoqué la mort de milliers d’entre eux en distribuant des couvertures infectées par la variole.

À Montréal, en 1985, alors que la presque totalité des anglophones était vaccinée, les francophones qui entretenaient une méfiance des autorités (amplifiée par l’affaire Riel) résistaient à la vaccination. Il y a même eu des incendies, des émeutes et des attaques contre les médecins vaccinateurs, comme cela s’est produit récemment dans des pays africains atteints par les épidémies causées par le virus Ebola.

L’Encyclopédie canadienne rapporte que cette épidémie a laissé derrière elle 5864 morts et laissé 13 000 personnes défigurées. Je n’ai pu trouver les statistiques de la population de Montréal en 1885, mais en 1901, elle était de 325 653. Je présume qu’en 1885, elle était entre 200 000 et 300 000.

À Montréal en 1885, les autorités religieuses encouragèrent les gens à se faire vacciner. Que je sache, on n’a pas invoqué d’exemption pour motif de conviction religieuse.

Les maladies que nous prévenons par la vaccination paraissent moins horribles que la variole aux yeux des spectateurs, mais leurs conséquences peuvent être très graves. La rougeole, en particulier peut tuer ou laisser des dommages cérébraux permanents comme la surdité, la cécité, les malformations fœtales ou des troubles neurologiques tardifs, comme la panencéphalite sclérosante subaiguë, qui entraîne des handicaps par paralysie plusieurs années après la maladie. La rubéole cause des malformations congénitales. Les oreillons peuvent causer la stérilité chez le garçon. La coqueluche cause des toux sévères persistante et pénible et elle peut causer la mort dans certains cas. Le tétanos peut causer une mort extrêmement douloureuse.

Devons-nous, par souci de liberté d’opinion permettre à des gens d’exposer leurs enfants à des risques évitables ou, pire, contribuer à exposer d’autres enfants à ces risques? Mon opinion est non, non et non à la négligence en matière de santé publique. J’appuie fortement la législation de vaccination obligatoire comme je supporte l’application stricte de l’arrêt aux feux rouges. Les autorités publiques ont le droit et le devoir de prendre leurs responsabilités même si certaines personnes ne sont pas d’accord. La santé publique n’est pas une question d’opinion.

Il ne faut pas laisser se répéter l’erreur des francophones de Montréal de 1885.

Daniel Beaudry
Moncton