Question pour Kevin Vickers

Dans l’édition de l’Acadie Nouvelle du 8 janvier, vous mentionnez la mise sur pied d’un comité sur l’utilisation des pesticides au Nouveau-Brunswick, en particulier sur l’arrosage du glyphosate. Ce comité serait chargé d’étudier l’usage de tous les pesticides sur l’agriculture en plus du secteur forestier.

En ratissant aussi large, ne risquons-nous pas d’aboutir avec une étude sur les bienfaits et méfaits de ces produits chimiques sur notre santé et sur l’environnement sans vraiment déterminer si le glyphosate devrait ou ne devrait pas être utilisé pour éliminer les arbres d’une partie de nos forêts, et de son implication sur la végétation, animaux et insectes dans les secteurs arrosés? Ne risquons-nous pas de voir une conclusion, principalement dictée par l’industrie, sur les avantages de cette méthode qui facilite le travail, moins dispendieuse et aide à préserver des emplois? Ne courons-nous pas le risque de voir cette étude finir sur une tablette, comme c’est si souvent le cas, sans voir de résultats concrets?

Une opportunité s’offre cependant à vous pour confirmer la sincérité de votre démarche. Celle de demander à la population, par un plébiscite lors des prochaines élections municipales, ce qu’elle pense de l’arrosage du glyphosate sur nos terres publiques. Une simple question: êtes-vous pour ou contre l’arrosage du glyphosate sur les terres publiques et lignes de transmission au Nouveau-Brunswick?

Si la majorité de la population mentionne qu’elle est pour l’arrosage, les lobbyistes pourront retourner à leurs bureaux avec un sourire aux lèvres. Si, par contre, la population est contre, ce serait un argument majeur pour recommander une interdiction du pesticide aux membres de votre comité. La conscience collective ne peut être ignorée, ni par les industriels ni par les politiciens, surtout à l’approche d’une élection provinciale.

Serons-nous proactifs et imiter nos voisins du Québec et de la Nouvelle-Écosse, entre autres, qui ont cessé l’arrosage au glyphosate, ou serons-nous, encore, les derniers à agir?

Jean-Marc Dufour
Pokemouche