Assurances: des augmentations dignes d’un film de science-fiction

À l’aube de la demande de Sonnet et d’Échelon d’augmenter leurs primes d’assurances de 50% et de 51%, une nouvelle publiée sur le réseau de Radio-Canada le 15 janvier 2020, je me dis qu’assez c’est assez!

Imaginez que vous payez 1500$ pour votre prime d’assurance maison et que vous apprenez dans quelques semaines que votre facture vient d’augmenter à 2250$. Allez-vous leur faire parvenir un bouquet de fleurs? J’en douterais.

Que faisons-nous dans un tel cas? Comme mentionné dans cette nouvelle, depuis fort longtemps, nous approchons cette situation avec les réactions suivantes, soit celles de magasiner ailleurs et de combiner nos polices d’assurance. Cependant, nous faisons déjà cela depuis longtemps. Nous sommes à court d’options.

Qui plus est, le baromètre pour de telles augmentations se situe dans la norme du 3%. Cependant, nous savons tous que nous avons été assujettis à des augmentations de primes d’assurances bien au-delà de ce standard depuis plusieurs années. Par exemple, dans les dernières années, j’ai subi des augmentations de l’ordre d’un minimum de 200$ par un sur une base récursive. Donc, une année vous êtes à 600$, l’année suivante à 800$ et puis cinq années plus tard, vous en êtes rendus à 1650$; des augmentations de 33%. Cette situation est aberrante.

Au plus petit dénominateur commun, on pourrait dire que cette industrie a le potentiel de causer un effondrement de l’économie mondiale en l’espace de quelques années. L’équation me parait assez simple. Point à la ligne!

Si on suivait votre exemple, ceci voudrait dire que le marché d’alimentation situé près de chez moi devrait réagir à la suite de l’augmentation de primes d’assurances de 50% que vous lui imposeriez en allant dans la même direction, soit d’augmenter le poulet entier non cuit de 9,95$ à 14,95$, les carottes de 2,49$ à 3,75$ et la salade de 3,49$ à 5,25$, une résultante sur la facture d’épicerie qui passerait de 115$ à 172,50$. Bon, on s’entend que mon exemple n’est peut-être pas l’exemple parfait, car une telle péréquation ne serait pas assujettie aux mêmes règles. Cependant, vous comprenez mon message.

Les compagnies d’assurances nous lancent le message, entre autres, que c’est la faute des changements climatiques. On nous dit qu’à cause des inondations, par exemple, que les primes doivent augmenter. Pourquoi devrais-je subir une augmentation si ma maison ne fut pas affectée par de telles inondations? Malgré qu’on nous dise que ces augmentations sont reliées aux endroits où les réclamations ont lieu, c’est quand même assez bizarre de voir que tout le monde se voit assujetti à des augmentations d’envergure de façon simultanée. C’est facile de trouver un bouc émissaire. Si tout le monde faisait pareil, on pourrait dire qu’un consultant augmenterait sa tarification horaire de 75$ de l’heure à 112.50$ à de nouveaux clients à cause qu’il y aurait eu trop de tempêtes l’année précédente et que ceci lui aurait fait perdre des contrats.

Est-ce vraiment cela qu’on veut laisser comme message pour les prochaines générations? Au lieu d’agir ainsi, pourquoi les entreprises n’assument pas les responsabilités d’un tel modèle d’affaires, qui comporte des risques on s’entend, en essayant de trouver des solutions innovatrices. Des situations, il en arrivera tout le temps. C’est comme cela depuis la nuit des temps.

Comme l’une de ces compagnies le mentionnait déjà en septembre, apparemment, les tarifs proposés s’appuient sur les réalités de l’industrie. Ces réalités se disent basées sur une augmentation du nombre de réclamations, en allant même jusqu’à dire qu’historiquement que les primes étaient jadis trop basses. Cependant, ces justifications ne suffisent plus. Le modèle d’affaires d’un tel type d’industrie se devrait d’être remis en question afin que toutes les parties impliquées, allant d’un simple courtier, à la compagnie d’assurances et de la régie du gouvernement s’y reliant, retournent à la table à dessin et que des solutions viables, non pas sorties d’un film de science-fiction, puissent être créées afin de représenter la réalité de notre société.

Michel Fournier
Petit-Rocher