Un gouvernement pitbull

Il faudrait se méfier de la docilité apparente de Blaine Higgs lorsqu’il prend la parole. Comme un pitbull qui ne prévient pas avant d’attaquer, ce gouvernement s’en prend de plus en plus à tout ce qui bouge au Nouveau-Brunswick.

Il montre les dents face aux employés des foyers de soins qui osent revendiquer le droit de négocier une nouvelle entente collective sous prétexte qu’il n’en a pas les moyens, se permettant pourtant de dépenser des milliers de dollars de nos taxes pour aller se promener en motoneige ou se rendre dans l’Ouest canadien, magouiller avec sa clique de conservateurs.

Il grogne contre la formation des infirmiers et des infirmières et prétend pouvoir attirer d’autres étudiantes et étudiants en invitant le secteur privé à faire concurrence aux universités, tout en refusant d’intervenir auprès de l’Association des infirmières et infirmiers du N.-B. pour qu’elle accepte enfin de remplacer l’examen NCLEX américain par le nouvel examen canadien bilingue.

Il grogne contre la formation des enseignants et prétend qu’en consultant quelques communautés, il saura trouver une solution miracle à ce qu’il qualifie de crise en enseignement, comme s’il s’agissait d’une recherche scientifique et que les changements qu’il veut imposer au système d’éducation ne pouvaient pas au contraire nuire à la qualité de l’apprentissage. Il en profite pour japper contre le programme d’immersion en français, qui fonctionne probablement trop bien à son goût.

Bref, ce gouvernement a le don d’insécuriser et de démoraliser des professionnels qui méritent non pas qu’on les attaque sans raison, mais qu’on souligne plutôt leur remarquable contribution et qu’on leur donne les ressources dont ils ont besoin pour progresser.

À tous ceux qui se sentent humiliés et démoralisés par le gouvernement Higgs, sachez que la grande majorité de la population est très reconnaissante envers ce que vous faites.

Un bon jour, le pitbull sera mis hors d’état de nuire.

Bernadette Landry
Dieppe