C’est quoi être un francophone en 2020?

Si on me demandait ce que cela représente d’être un francophone en 2020, je répondrais que c’est d’être riche de culture et d’opportunités. Il y a tant de gens anglophones qui aimeraient avoir la chance de parler français. Sans oublier que, malgré les changements de la société et l’inclusion des minorités, le français reste toujours en danger et il risque de disparaître. Grâce aux efforts sans fin des francophones, de nos écoles et des différents organismes comme la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB), notre langue réussit à survivre, mais pour combien de temps encore?

Premièrement, pourquoi ne donnons-nous pas la chance aux jeunes anglophones d’apprendre le français dans leurs écoles? Lorsque vous faites une recherche sur le site du gouvernement du Canada, vous pouvez voir qu’il est mentionné que les deux langues officielles du pays sont le français et l’anglais. Puisqu’il en est ainsi, on serait porté à croire que des cours de langue française seraient donnés dans les écoles anglophones partout dans le pays, comme il y a des cours de langue anglaise dans nos écoles francophones. Attristé étais-je de constater que ce n’était pas le cas. En septembre 2018, je prenais l’avion pour la première fois vers la grande ville d’Ottawa. Je participais à Rencontres du Canada, un programme où tous les jeunes des écoles secondaires sont invités à passer une merveilleuse semaine remplie d’activités dans la capitale de leur pays. En m’y rendant, j’ai rapidement remarqué que ma semaine se passerait majoritairement en anglais. C’est en discutant avec des jeunes des provinces anglaises comme la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan, etc. que j’ai appris que ces adolescents n’ont pas la chance d’apprendre le français dans leur école. Vous vous demanderez peut-être s’ils avaient réellement envie de l’apprendre. Absolument! Ces personnes, constamment à la recherche de nouvelles connaissances, étaient excitées à l’idée de côtoyer de jeunes francophones. Elles nous demandaient continuellement de leur apprendre de nouveaux mots ou de nouvelles expressions. N’est-ce pas dommage de priver les adolescents d’apprendre une langue qui les passionne et qui, dans un certain sens, leur appartient tout autant qu’à nous, les francophones? C’est avec un mélange de sentiments que j’ai quitté l’aventure. Un peu de colère et de tristesse du fait que le gouvernement banalise cette langue, comme si elle n’était pas importante, mais aussi un peu de satisfaction personnelle d’avoir pu combler quelques-uns de mes nouveaux amis avec cette richesse qui m’est donnée.

De plus, ne vivons-nous pas dans une société où toutes les minorités sont respectées? En 2020, au Canada, nous vivons dans un pays inclusif où tous devraient être traités également. Mais, qu’en est-il de la minorité française? Nous respectons les minorités visibles comme les personnes de couleur, les Autochtones, les personnes d’autres nations, etc. Nous acceptons la diversité sexuelle comme les personnes homosexuelles, les personnes transgenres, asexuées, non genrées, etc. Nous cohabitons dans l’harmonie avec les minorités religieuses, telles que les musulmans, les chrétiens, etc. Tous ont les mêmes droits, la même importance et les mêmes services. Les francophones au Canada, nous sommes une minorité brimée dans une société majoritairement anglaise. Nous nous battons pour nos droits et nos services, nous sommes forts et fiers d’être français. Nous sommes riches de connaissances. Être francophone, c’est une fierté.

Aussi, il est merveilleux que des organismes, comme la FJFNB, existent encore et travaillent d’arrache-pied pour faire vivre le français à travers la jeunesse d’aujourd’hui. Être un francophone au Nouveau-Brunswick en 2020, c’est avoir la chance de participer aux colloques de cette organisation. J’ai eu le privilège d’y participer et j’ai vraiment adoré l’expérience. Rencontrer plusieurs dizaines, voire presque une centaine, de jeunes francophones qui vivent des expériences semblables, mais quelque peu différentes, nous réunir le temps d’un weekend pour échanger, célébrer et vivre dans une langue qui nous anime et qui nous fait vibrer, c’est merveilleux. C’est dans ce genre d’évènement que nous nous rendons compte de la beauté de notre richesse. Entendre les différents accents de tous ces jeunes m’impressionne toujours. Nous venons tous d’un endroit différent avec des expressions diverses et des accents colorés, mais nous sommes tout de même tous francophones et fiers de l’être. Nous nous approprions notre langue et nous la rendons unique chacun à notre façon.

Les colloques de la FJFNB sont un endroit où vous aurez la chance de voir le français dans toute sa splendeur et peut-être même comprendre pourquoi il est bon de se battre pour sa survie.

Pour conclure, bien que nous vivions dans une société majoritairement anglophone où le français est écrasé sous le poids de sa minorité, nous réussissons toujours à faire vivre cette langue à l’intérieur de chacun de nous. C’est un véritable trésor et nous devons en être fiers. Moi, en tout cas, je suis fier de l’être. Et vous, êtes-vous fiers d’être francophones?

Maxime Thibodeau
Élève de 12e année
C.S.C. La fontaine, Néguac