Une société en meilleure santé, mieux nourrie et moins pauvre

Comme bien d’autres personnes dans notre province, je loue les efforts du ministre de l’Éducation qui visent à améliorer le système d’éducation. Je ne pense pas qu’on puisse s’opposer à la vertu.

Néanmoins, pour bien réaliser ensemble ce très noble rêve, j’ai quelques réflexions à énoncer. D’abord, l’ultime combat à livrer c’est de concentrer nos efforts pour éliminer la pauvreté, car comme l’énonce le proverbe: ventre affamé n’a point d’oreilles.

Présentement et depuis trop longtemps déjà, avant d’arriver à l’école, un grand nombre d’enfants n’ont pas encore déjeuné. Est-ce parce qu’à la maison, les parents n’ont pas suffisamment de nourriture à offrir à leur progéniture ou bien parce que d’autres facteurs jouent en leur défaveur?

Imaginons l’état de ces enfants qui, depuis plus d’une douzaine d’heures, n’ont pas eu l’occasion de combler l’un des plus essentiels besoins humains. Je loue donc les efforts que déploient à l’école les personnes volontaires et généreuses qui s’évertuent à offrir des petits déjeuners aux enfants affamés.

Il en est parfois de même pour les repas du midi.

Si ce sérieux problème peut être évincé à tout jamais, j’ai la conviction que les résultats académiques de nos jeunes seraient grandement améliorés. Après tout, nos jeunes Néo-Brunswickois sont aussi intelligents que les autres de la planète.

J’identifie un deuxième élément. Chez certains de nos jeunes, c’est le manque d’heures de sommeil et de repos. D’après ma propre expérience de 46 ans en éducation, j’ai compris qu’un corps fatigué est comparable à celui d’un estomac vide. L’apprentissage n’y pénètre pas mieux.

Enfin, comme le dit un autre proverbe, jamais deux sans trois! Si notre jeunesse scolaire et les autres membres de la société consacraient moins d’heures avec les réseaux sociaux et remplaçaient ces heures économisées par la lecture, l’étude et l’activité physique, le niveau éducatif nous ferait grand honneur.

Sans négliger les autres suggestions pouvant venir des rencontres publiques, en appliquant ces trois simples ingrédients, les conséquences seraient nettement prévisibles. On aurait une société en meilleure santé, mieux nourrie et moins pauvre. En plus de cela, on aurait une société comptant moins de chômeurs, moins de drogués, moins de violence, moins de prisonniers. En d’autres mots, un meilleur système éducatif et une meilleure province.

Alcide F. LeBlanc
Moncton