Les hôpitaux et le changement

Jean Codjo
Moncton

Blaine Higgs n’est pas le seul fautif.

Le changement, pour une énième fois, semble troubler le sommeil d’une large frange de la population néo-brunswickoise, hormis peut-être le premier ministre qui l’impose. Et pourtant, s’il y a un domaine dans lequel notre province excelle, c’est bien dans celui du changement, un terme bien huilé et galvaudé à tout bout de champ, par des gouvernements successifs depuis un certain temps.

C’est inconcevable qu’un citoyen d’une localité, aussi déserte soit-elle, ne puisse pas se permettre de tomber malade dans la nuit, juste parce que son hôpital n’offre pas de service à cette heure-là.

Cependant, je n’ose pas croire qu’il y ait tant de politiciens véreux qui s’entendent pour faire souffrir les citoyens qui les portent au pouvoir. Je ne crois pas que Blaine Higgs ait l’intention délibérée de sacrifier la vie des gens qui habitent ces petites localités dites rurales au détriment de celle de ceux qui sont dans les grandes villes.

Le problème, c’est notre perception ou définition du terme changement. On ne le perçoit pas comme un processus immuable et inhérent, mais comme quelque chose à planifier. Tout être vivant, y compris l’humain, change, qu’il le veuille ou non. Le homard, par le processus de changement de sa carapace, est bien placé pour nous l’enseigner.

Le drame de notre ère d’«instantanéisme», c’est la très peu de place qu’on accorde à la réflexion. Ceux et celles qui planifient les changements n’acceptent pas les contradictions et font tout pour que, ce qu’ils proposent, paraisse bien sur papier. Ces experts «instantanéistes» ont envahi tous les secteurs de notre société, y compris ceux de la santé. Ils savent mieux convaincre nos politiciens, qu’ils soient d’obédience conservatrice ou libérale.