Les services d’urgence ciblés par le gouvernement

Clément Loubert
Moncton

Le système des services de santé du Nouveau-Brunswick souffre. Le gouvernement, en quête de solutions, cible présentement les services d’urgence dans les hôpitaux.

Tentant d’alléger le fardeau des professionnels de la santé tout en augmentant leur efficacité, le gouvernement imposera, malgré la grogne, une réorganisation du fonctionnement de ces services importants. Les tenants et aboutissants du plan du ministère de la Santé ont été suffisamment exposés de part et d’autre. Il n’est pas nécessaire de les reprendre ici. Qu’il suffise d’ajouter que le gouvernement minoritaire risque de perdre le pouvoir à moins qu’il accepte de revoir ses options. Le premier ministre s’est dit prêt à subir une telle conséquence; il ne serait pas prêt à mettre un peu d’eau dans son vin. C’est à se demander s’il s’agit de la meilleure approche.

Pour calmer les inquiétudes, un ajustement du protocole s’impose, comme cela se fait en milieu médical, afin de favoriser le rétablissement des patient(e)s . Il serait étonnant que le gouvernement agisse ici sans connaissance de cause. Les fonctionnaires et les conseillers ont dû faire leur devoir consciencieusement afin de bien aviser le gouvernement. Le malaise proviendrait-il d’une mise en oeuvre trop rapide du plan? Une certaine rigidité des décideurs serait-elle en cause? La rigidité empêche parfois de voir la réalité dans toute son ampleur. N’y aurait-il pas lieu de faire preuve d’une plus grande empathie dans la mise en oeuvre du plan.

Une telle attitude permettrait de reconnaître que l’extrême gravité de l’état du patient n’attend pas l’arrivée de la lumière du jour pour se manifester; certains actes médicaux doivent être posés promptement sans égard pour l’heure du jour ou de la nuit. Le projet ne pourrait-il pas être mis en oeuvre par étapes, de façon à ajuster le processus à la lumière des défis rencontrés? Cela serait plus à la mesure des professionnels de la santé qui ont besoin, tout d’abord, de croire dans le projet et, ensuite, d’un peu de temps pour s’y adapter.